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  2020-06-30
 

Le peuple avant tout

par Hu Fan  ·   2020-06-30
Mots-clés: Chine; COVID-19

La Chine s’efforce de garantir les moyens de subsistance de la population suite aux difficultés liées au COVID-19

Un vendeur sur son stand de streetfood provisoire dans la province du Shaanxi (nord-ouest), le 2 juin.

Il n’y a eu aucun vent de panique lorsque Xinfadi, le plus important marché alimentaire de gros de Beijing, qui fournit 70 % des légumes aux plus de 20 millions d’habitants de la ville, a été fermé le 13 juin. Des cas d’infections au COVID-19 ont été à l’origine de cette décision sans précédent. Bien que certaines communautés aient vu des incidents isolés de rayons dévalisés dans les supermarchés au cours des deux jours ayant suivi la fermeture du marché, aucune pénurie de légumes ou d’augmentation drastique des prix n’a été observée dans la ville.

Lors d’une conférence de presse tenue le 15 juin, Wang Hongcun, porte-parole du Bureau du commerce municipal de Beijing, a révélé comment la ville avait réussi à protéger ses « paniers de légumes ». Selon M. Wang, suite à la fermeture du marché de gros, des sites de distribution temporaires ont été créés pour remplacer en partie le marché, tandis que d’autres grossistes plus petits et de grandes chaînes de supermarchés ont augmenté leurs stocks de légumes.

La communication a pris le dessus car 494 distributeurs de légumes des marchés de gros se sont coordonnés avec les distributeurs des marchés secondaires, tandis que les fournisseurs de légumes et les supermarchés/restaurants ont révisé leur logistique afin que les produits puissent être rapidement trouvées en cas de pénurie. En outre, un mécanisme de réponse rapide a été mis en place pour identifier une pénurie d’approvisionnement dans les quartiers, avec des véhicules dédiés en attente.

Le 14 juin, la Beijing Chain Store & Franchise Association a lancé une initiative, appelant les principaux détaillants de la ville à s’engager à la stabilisation des prix et de l’approvisionnement. L’initiative a été embrassée par plus de 20 détaillants, dont les 18 grandes chaînes de supermarchés de la ville. Ils ont assuré qu’il n’y aurait pas d’augmentation de prix pour les 10 légumes les plus prisés.

Un employé disposant des légumes sur les étals d’un supermarché à Beijing, le 14 juin.

Efforts conjoints

Répondre aux besoins quotidiens de la population fait partie des efforts de la Chine pour assurer les moyens de subsistance de la population depuis le début de l’épidémie. D’autres efforts ont consisté à augmenter les subventions aux personnes défavorisées et sans emploi et à maintenir des prix stables pour les produits de première nécessité.

L’emploi était au sommet de l’ordre du jour, « qui est essentiel aux gens pour subsister », a averti le Premier ministre chinois Li Keqiang lors de la remise du rapport d’activité du gouvernement durant les deux sessions annuelles du 22 mai.

Un soutien a été apporté aux entreprises, en particulier aux micro, petites et moyennes d’entre elles qui emploient la plupart de la population active du pays. Les mesures comprenaient la réduction des taxes et redevances, la réduction des coûts de production et d’exploitation et l’augmentation des soutiens financiers. Pour aider les gens à gagner leur vie pendant l’épidémie, les autorités locales de nombreuses villes les ont autorisé à installer des kiosques temporaires dans des zones désignées.

Lors d’une réunion du Conseil des affaires d’État le 18 juin, le premier ministre a annoncé son intention de promouvoir les instituts financiers chinois pour qu’ils cèdent 1,5 billion de yuans (212,1 milliards de dollars) de leurs bénéfices aux entreprises en 2020. Cela se fera par des moyens tels que la baisse des taux d’intérêt et la réduction des frais bancaires. Il a exhorté les instituts financiers à garder à l’esprit qu’« aider les clients, c’est s’aider soi-même ».

Toutes les aides n’étaient pas apportées par le gouvernement ; les entreprises et les particuliers ont joué leur rôle. Xia Hongrong, président d’un centre commercial de Wuhan spécialisé dans les produits de coiffure et de beauté, a exempté ses plus de 200 fournisseurs d’un mois de loyer, pour un montant d’environ 20 millions de yuans (2,8 millions de dollars), bien que le centre commercial lui-même subisse de lourdes pertes. « Nous devons aider ces vendeurs à survivre si nous voulons que le centre commercial survive », a-t-il signifié aux médias locaux.

Selon le Bureau national des statistiques (BNS), l’indice des prix à la consommation chinois a augmenté de 2,2 % en glissement annuel en mai, montrant une baisse du taux de croissance pendant trois mois consécutifs par rapport à février. Les prix des principaux aliments comme le porc, les œufs et les légumes ont diminué par rapport au mois précédent. Derrière cette baisse, l’accent était mis sur la production agricole, selon le bureau.

L’emploi est confronté à un défi plus grave. Bien que la Chine ait enregistré un taux de chômage de 5,9 % en mai, en légère baisse par rapport au mois précédent selon le bureau, la pression reste forte étant donné qu’il y a eu une baisse de 1,37 million de nouveaux emplois urbains créés au cours des cinq premiers mois de 2020 par rapport à la même période l’an dernier.

Le 29 mai, dans une déclaration commune, le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale et le ministère des Finances ont élargi la couverture de l’assurance-chômage pour inclure les travailleurs migrants qui ont payé des primes pendant moins d’un an. En outre, une assistance est fournie à ceux qui ne parviennent pas à retrouver du travail pendant la période couverte par l’assurance.

Garder son emploi

Sans l’épidémie de COVID-19, He Yalun aurait réalisé son rêve. Grande passionnée de déserts et de vol, elle a quitté son dernier emploi et est devenue hôtesse pour EgyptAir fin 2019. Elle venait de terminer sa formation lorsque l’épidémie a éclaté. Avant qu’elle n’ait la chance d’accueillir ses premiers passagers, les vols ont été suspendus.

Depuis, elle est confinée à la maison et vit avec un salaire de base, sans savoir quand elle pourra travailler. Actuellement, il y a très peu de vols de passagers entre la Chine et les pays africains. Comme de nombreuses autres compagnies aériennes, EgyptAir utilise la plupart de ses avions de passagers pour transporter du fret, et sa principale mission est de fournir des fournitures antiépidémiques à l’Afrique.

La Chine a resserré les restrictions sur les vols entrant dans le pays lorsque la prévention des cas d’infection entrants est devenue une priorité dans la lutte contre l’épidémie. Bien qu’une politique ait été publiée le 4 juin par la Chine visant à autoriser des vols supplémentaires pour des itinéraires qui n’ont apporté aucun cas d’infection dans le pays pendant trois semaines consécutives, le nombre total de vols n’était pas suffisant pour permettre au personnel comme Yalun de voler.

Plus tôt cette année, Yalun a été informée que l’entreprise n’avait effectué aucun licenciement, même dans les moments les plus difficiles, mais elle n’était pas sûre de pouvoir conserver son emploi si l’épidémie persistait. « J’aime beaucoup mon travail ; je ne veux pas le perdre si tôt », a-t-elle confié à CHINAFRIQUE.

Hormis le secteur aérien, la même situation se retrouve dans plusieurs autres secteurs qui sont loin d’être pleinement opérationnels. Les employés de l’industrie cinématographique, par exemple, vivent avec des baisses de salaire car il n’y a aucune prémisse de réouverture des cinémas depuis leur fermeture fin janvier.

S’il y a un côté positif à cela, c’est l’augmentation du temps libre à la disposition des travailleurs. Yalun utilise le sien pour améliorer ses compétences linguistiques et ses connaissances sur l’Afrique. Elle songe même à poursuivre ses études et à ajouter plus de qualifications à son curriculum vitae.

Trouver un emploi

Des emplois sont désespérément nécessaires pour les 8,74 millions de nouveaux diplômés arrivant sur le marché du travail cette année. Comme moins d’emplois sont pourvus à cause des incertitudes économiques, les diplômés font face à l’une des années les plus difficiles jamais expérimentée.

Selon un rapport de BOSS Zhipin, une plateforme de recrutement en ligne, le printemps a vu une augmentation de 56 % des diplômés actifs sur sa plateforme et une baisse de 22 % des besoins des employeurs par rapport à l’année dernière.

Le 25 mai, l’École de journalisme et de communication de l’Université de technologie de Chine méridionale, l’une des meilleures universités du sud de la Chine, a publié une proposition à ses anciens élèves appelants à l’aide à l’emploi. La lettre indiquait que le taux d’emploi des diplômés de l’école en 2020 n’était que de 35,17 % le 25 mai. Le taux d’emploi de ses diplômés ces dernières années était de 96,27 %.

Des mesures ont été prises pour ajouter plus d’options à un marché du travail en contraction. Pour atténuer la pression imminente, le ministère chinois de l’Éducation a annoncé, le 28 février, un plan visant à admettre 189 000 étudiants supplémentaires dans l’enseignement supérieur. Des salons de l’emploi en ligne ont été organisés et des aides ont été apportées en matière de procédures d’obtention du diplôme et d’emploi.

Dans la province du Hubei, particulièrement touchée par l’épidémie, les diplômés sont confrontés à une situation encore plus difficile. Avec plus de 100 établissements d’enseignement supérieur, la province comptait l’un des plus grands nombres de diplômés universitaires en Chine. La longue période de confinement et la stagnation économique dans la province ont accru la pression sur l’emploi.

Le 8 avril, le ministère de l’Éducation a publié un document encourageant les universités du pays à offrir une aide aux universités du Hubei sous forme de "one-to-one". En réponse à l’appel, l’Université de Pékin a conclu un accord avec l’Université de Wuhan, dans le cadre duquel des activités professionnelles conjointes ont été organisées et les ressources des deux universités ont été partagées.

En l’espace d’un mois, quatre salons de l’emploi en ligne ont été organisés, proposant plus de 4 000 offres d’emploi à plus de 10 000 étudiants. Des cours et des formations sur la planification de carrière, ainsi que des services de consultation sur les carrières, ont également été partagés en ligne.

Le 15 juin, l’Université de Wuhan à Hubei a organisé son premier salon de l’emploi hors ligne de l’année avec les mesures de prévention nécessaires. Assistée par 59 employeurs offrant environ 2 500 emplois, la foire était une opportunité indispensable pour de nombreux diplômés. Plus de 1 000 étudiants y ont assisté.

Vaccins à portée

Le 17 juin, He Yalun d’EgyptAir a lu une annonce d’une compagnie de services aériens indiquant qu’un vaccin s’était révélé sûr lors d’essais cliniques de phase II et disponible pour une utilisation d’urgence. La priorité a été accordée aux personnes à haut risque qui sont exposées au COVID-19, telles que les employés travaillant dans les terminaux de transport, mais d’autres pouvaient également en faire la demande.

Le vaccin a été développé par Sinopharm, une société pharmaceutique leader en Chine. Il s’agit du premier vaccin COVID-19 au monde à avoir entamé des essais cliniques. Lors d’une réunion d’examen le 16 juin pour ses essais cliniques de phase I et II, à laquelle ont assisté des experts du Conseil des affaires d’État chinois, il a été annoncé que le vaccin était très efficace avec zéro cas d’effets indésirables graves à ce jour.

C’est l’un des cinq vaccins développés par la Chine qui ont été approuvés pour mener des essais cliniques. Selon le ministère de la Technologie et des Sciences, d’ici le 19 juin, trois de ces vaccins avaient terminé leurs essais cliniques de phase II.

Bien qu’elle ne soit pas impatiente de se faire vacciner, Yalun est optimiste, car ce grand pas en avant lui permettra peut-être de faire décoller son rêve.

Pour vos commentaires : hufan@chinafrica.cn

 

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