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  2019-07-31
 

MTC : santé et bien-être au Sénégal

par Aly Diouf  ·   2019-07-31
Mots-clés: Mame Awa Ly Fall Diop; MTC; Sénégal; Chine

La médecine traditionnelle chinoise fait de plus en plus d’adeptes au Sénégal. (HELLORF)
Au Sénégal, c’est une dame qui fait autorité lorsqu’il s’agit de médecine traditionnelle chinoise. Après dix ans d’études de cette discipline en Chine, Mame Awa Ly Fall Diop est revenue au pays, il y a quelques années maintenant, pour se mettre à son propre compte. Elle est appuyée par l’Institut Confucius de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui a mis à sa disposition une salle. C’est là qu’elle reçoit, du lundi au samedi, ses patients. Une structure qui fait, de plus en plus, courir beaucoup de Dakarois et de Sénégalais. Au fait, qu’est-ce qui explique le succès fulgurant de la médecine traditionnelle chinoise au Sénégal ? Selon la docteure Diop, il y a une similarité entre cette médecine et celle traditionnelle africaine. Toutes les deux utilisent comme remède les plantes, les écorces, les feuilles, les racines, mais parfois des produits d’origine animale. Des produits bruts ou semi-bruts sont différents des médicaments de la médecine dite moderne. Cette proximité, estime la docteure Diop, fait que les Africains ont vite adopté la médecine traditionnelle chinoise.

C’est par le bouche-à-oreille que le cabinet de la docteure Diop s’est fait une notoriété à Dakar, mais aussi à travers le pays et au-delà. En cette matinée du mois de juin, quelques clients patientent pendant quelques quarts d’heure devant son bureau, en attendant leurs tours. À l’entrée de la clinique, c’est une dame sereine qu’on retrouve derrière un ordinateur recevant ses clients. Entre autres documents et instruments, une statuette blanchâtre avec des points noirâtres mis en exergue sur l’ensemble du corps, trône sur le bureau. Ça et là, il y a plusieurs étagères remplies de médicaments traditionnels chinois. Il y a, également, d’autres outils comme des ventouses, des produits végétaux en boîtes, etc. Un peu à l’écart, on a une demidouzaine de lits séparés les uns des autres par des placards. Dans les murs de l’Institut Confucius, son vaste bureau est devenu exigu. Entre deux consultations, elle a reçu l’équipe de CHINAFRIQUE pour revenir sur la pratique de la médecine traditionnelle chinoise au Sénégal. 

Satisfaction chez les usagers 

Abdourakhmane Ndiaye, un étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop, trouvé sur les lieux, se réjouit des améliorations qu’il a notées ces derniers temps à propos de sa santé. Il y a quelques jours, il était venu se faire consulter pour un ballonnement de ventre. Il se sent maintenant mieux d’où sa bonne mine et l’importance qu’il accorde à son second rendez-vous chez la docteure Diop. Cet engouement est partagé par ce colonel à la retraite qui parle sous le couvert de l’anonymat. Il apprécie positivement les bienfaits de la médecine chinoise, spécialement le massage. Avant de venir chez la docteure Diop, il se rendait chez un kinésithérapeute de la place. C’est grâce au bouche-à-oreille qu’il a découvert la clinique de Madame Diop. Un soulagement pour lui. 

Les clients de la docteure Diop ne sont pas tous des malades. Certaines personnes, à l’image de Khady Cissé, viennent à la clinique de façon régulière pour se faire consulter. « À chaque fois que je ressens quelque chose, je viens voir la docteure », a dit la jeune dame qui, depuis deux ans maintenant, vient tous les mois, plus par prévention qu’autre chose. 

Comme on le dit souvent, la médecine chinoise est aussi et surtout préventive ; et certains Sénégalais commencent à l’intégrer dans leurs habitudes. Ainsi, cette médecine se répand lentement mais surement à travers le pays. Outre la clinique de la docteure Diop, le Centre Tao est également en train de propager la médecine chinoise au Sénégal. Propriété de spécialistes espagnoles, ce dernier est en train de jeter ses tentacules dans le Sénégal des profondeurs. Sa clinique principale se trouve à Mbour, à environ 80 km au sud-ouest de Dakar. 

À Mbour, la capitale touristique du pays, la clinique du Centre Tao se trouve sur l’axe principal de la ville, une rue passante. Selon Abdoulaye Sow, un des responsables, les populations de cette partie du pays apprécient très bien la médecine traditionnelle chinoise. De l’avis de M. Sow, c’est parce que cette médecine est plus préventive puisqu’elle permet de détecter des maladies qui ne se manifestent pas encore. À l’en croire, les prix pratiqués sont également abordables puisque le ticket d’entrée est fixé à 3 000 francs CFA, soit à peu près cinq dollars. La clinique dispose en même temps d’une pharmacie. Mais, tient à rassurer M. Sow, les ordonnances sont aussi abordables. De son point de vue, les médicaments les plus chers dépassent rarement 5 000 francs CFA, soit environ huit dollars américains. 


La docteure Diop accueille les clients dans sa clinique située dans les locaux de l’Institut Confucius de l’Université Cheikh Ana Diop. (ALY DIOUF)

Des tarifs abordables 

Les médicaments de la médecine traditionnelle chinoise sont, dans leur écrasante majorité, fabriqués en Chine ou en Australie. Très peu sont fabriqués localement. D’après Monsieur Sow, le Centre Tao fait souvent des commandes auprès de fabricants de ces pays. Ce qui peut parfois prendre du temps avant la livraison ou devenir tout simplement coûteux. Toutefois, souligne M. Sow, cela n’a aucun impact sur les prix pratiqués par ledit centre. Tout au contraire, il s’emploie à faire même du social. Par exemple, les personnes âgées qui viennent se faire consulter n’ont pas besoin de descendre de leurs véhicules. Les spécialistes viennent les consulter sur place. Et après leurs premières consultations, les deux suivantes sont offertes par la maison, a renseigné M. Sow, selon qui ceci est également valable pour les patients démunis. 

Le volet social concerne également les adolescents, plus particulièrement les enfants âgés de zéro à quinze ans. « Après leurs premières consultations payantes, ils sont pris en charge jusqu’à leur guérison », a affirmé M. Sow. 

La relève assurée 

Pour vulgariser davantage la médecine traditionnelle chinoise, il faut former la relève. La Chine accorde annuellement au Sénégal plusieurs dizaines de bourses de formation y compris en médecine traditionnelle chinoise. À l’Institut Confucius, on enseigne les pratiques médicales chinoises. Selon Mme Diop, cette formation est consacrée aux médecins, aux infirmiers, mais aussi aux particuliers qui s’intéressent à la médecine traditionnelle chinoise. Elle s’articule autour de l’acupuncture, du massage pédiatrique, des techniques de prévention et de la diététique chinoise. 

Au Sénégal, la médecine traditionnelle chinoise a de beaux jours devant elle. Elle jouit non seulement de sa proximité avec la médecine traditionnelle africaine, mais elle est aussi préventive et moins onéreuse. Toutefois, il lui faudra du temps pour définitivement rentrer dans les moeurs.   

Reportage du Sénégal 

Pour vos commentaires : liuwei@chinafrica.cn 

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