| 2023-08-11 |
Donner le ton |
| VOL. 15 AOÛT 2023 édité par Hu Fan · 2023-08-11 |
| Mots-clés: BRICS |
Les ministres des BRICS préparent le terrain pour le sommet.

Les ministres des Affaires étrangères et des Relations internationales des BRICS posent pour une photo de groupe lors d’une rencontre officielle au Cap, en Afrique du Sud, le 1er juin. (SITE WEB DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE RUSSIE)
Le 1er juin, une réunion cruciale réunissant les ministres des Affaires étrangères et des Relations internationales des pays BRICS s’est déroulée au Cap, en Afrique du Sud. Cette rencontre a été présidée par Naledi Pandor, ministre sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération, qui a souligné que le but principal de cette réunion était de préparer le prochain Sommet de Johannesburg et de renforcer la gouvernance mondiale.
Cette réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS a été suivie d’une autre réunion, rassemblant les ministres des Affaires étrangères des pays amis des BRICS. Des délégués d’autres nations, notamment l’Iran, Cuba, le Gabon et le Kazakhstan, y ont assisté. Plusieurs de ces pays ont manifesté leur désir d’intégrer le groupe.
Ces importantes rencontres ont eu lieu deux mois avant le début du Sommet des BRICS 2023 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Traitant d’un large éventail de sujets, les ministres ont donné un aperçu des questions d’intérêt mondial qui seront abordées, y compris l’augmentation du nombre de membres du groupe et la promotion de l’utilisation des monnaies locales dans les échanges commerciaux, entre autres sujets.
Renforcer le consensus
À la suite de leur réunion, les ministres des Affaires étrangères des BRICS ont publié une déclaration commune détaillant leurs positions sur la coopération intra-BRICS, la situation mondiale et les enjeux internationaux.
Selon ce communiqué, les ministres ont réaffirmé leur engagement pour le multilatéralisme, le respect du droit international et le rôle central de l’ONU. Ils ont exprimé leur préoccupation face à l’usage de mesures coercitives unilatérales, qui violent les principes de la Charte de l’ONU et ont des effets négatifs, notamment sur les pays en développement.
La réforme des institutions internationales, y compris l’ONU, l’OMC et le FMI, demeure une priorité pour les BRICS, comme souligné dans le communiqué. Parallèlement, les ministres ont salué la nomination de Dilma Rousseff, ancienne Présidente du Brésil, à la présidence de la Nouvelle banque de développement (NBD), convaincus de sa contribution à l’efficacité de l’institution.
Mauro Vieira, ministre brésilien des Affaires étrangères, s’est félicité de cette nomination, exprimant sa conviction que sous sa direction, la NBD augmenterait sa capacité à financer des projets novateurs, inclusifs et durables.
Le communiqué met également l’accent sur l’importance de promouvoir l’utilisation des monnaies locales dans le commerce international et les transactions financières entre les BRICS et leurs partenaires commerciaux.
La paix a été un autre sujet clé de la déclaration. Les ministres ont exprimé leurs préoccupations quant à la violence au Soudan, la situation en Ukraine et les conflits persistants au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, appelant à une résolution pacifique par le dialogue et la diplomatie. Le terrorisme a été fermement condamné, et l’Inde a souligné la nécessité de prendre des mesures contre cette menace, y compris son financement et sa propagande.
Enfin, le communiqué souligne l’importance de l’inclusion des femmes dans les processus de paix et réaffirme le consensus sur la sécurité énergétique, le changement climatique, l’usage abusif des technologies et la protection des droits de l’homme.

Une soldate de la Force intérimaire des Nations unies au Liban pleure ses camarades décédés dans l’exercice de leurs fonctions lors d’une cérémonie marquant la Journée internationale des Casques bleus des Nations unies à Naqoura, dans le sud du Liban, le 29 mai. (XINHUA)
Mobilisation pour l’action
Pendant la réunion des amis des BRICS, Mme Pandor a mis en évidence le contraste entre le monde d’aujourd’hui et celui de 2010, année de l’adhésion de l’Afrique du Sud aux BRICS. C’était alors une époque d’optimisme, où les pays envisageaient de surmonter ensemble des défis de grande envergure.
« Force est de constater qu’aujourd’hui, notre perception des principaux défis mondiaux diverge. Et ce, malgré le fait que la pandémie de COVID-19 ait retardé notre progression vers les Objectifs de développement durable de près d’une décennie », a-t-elle affirmé, soulignant la diminution de la coopération mondiale et la distraction des priorités mondiales comme la réduction de la pauvreté. Elle a appelé à un retour à la paix, au multilatéralisme et au partenariat pour le développement pour réaliser l’Agenda 2030.
Ma Zhaoxu, vice-ministre chinois des Affaires étrangères, a insisté sur la nécessité pour le groupe de s’appuyer sur ses propres forces pour son développement, prônant l’équité, la justice, la confiance en soi, l’indépendance, et l’amélioration de la communication avec les pays en développement pour construire une communauté de destin pour l’humanité.
Dans son allocution, le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a souligné que l’environnement mondial actuel requiert une approche sérieuse, constructive et collective des problèmes majeurs par les BRICS. « Notre réunion doit signifier que le monde est multipolaire, en rééquilibrage, et que les anciennes méthodes ne suffisent pas face aux nouvelles situations. Nous sommes un symbole de changement et devons agir en conséquence », a-t-il affirmé.
Mauro Vieira, ministre brésilien des Affaires étrangères, a réaffirmé l’engagement de son pays à renforcer ses liens avec le groupe BRICS, qui constitue selon lui un mécanisme indispensable pour construire un ordre mondial multipolaire reflétant les voix et les besoins des pays en développement.
Le groupe BRICS envisage également d’accueillir de nouveaux membres. Mme Pandor a indiqué que des préparatifs sont en cours pour établir un cadre d’admission, tandis que M. Ma a affirmé que la Chine est impatiente d’accueillir de nouveaux membres dans la famille BRICS.
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a attribué l’intérêt de ces pays à rejoindre les BRICS à l’adhésion rigoureuse du groupe à la Charte de l’ONU et à tous ses principes. « Les BRICS ne choisissent pas à la carte les principes de cette Charte en fonction de la situation, ils les respectent intégralement », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse après la réunion.