| 2023-10-07 |
Par-delà les BRICS |
| VOL. 15 OCTOBRE 2023 par Busani Ngcaweni · 2023-10-07 |
| Mots-clés: FCSA ; BRICS ; Xi Jinping |
La Chine et l’Afrique promeuvent ensemble l’établissement d’un nouvel ordre mondial.

Le Président chinois Xi Jinping prononce un discours lors du 15e Sommet des BRICS à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 23 août.
La solidarité entre la Chine et l’Afrique s’ancre dans une histoire riche, des valeurs partagées et une aspiration commune à une prospérité universelle. Leur parcours conjoint se démarque par une résistance à l’impérialisme, au colonialisme, à l’hégémonie et à la spoliation. La dévotion de la Chine envers l’Afrique reflète celle des pays en développement aspirant à un destin commun, fondé sur la justice sociale, la liberté, l’égalité, une coexistence sereine et une prospérité partagée.
Le 15e Sommet des BRICS, récemment orchestré par le Président sud- africain Cyril Ramaphosa, avec l’ensemble des événements et initiatives associés, a marqué un tournant majeur pour le Sud dans sa poursuite d’une nouvelle architecture mondiale.
L’ambition de la Chine de collaborer avec l’Afrique et le monde entier témoigne de sa volonté historique de bâtir une communauté de destin, solidement ancrée dans une politique étrangère axée sur la paix. Les bases de la coopération entre la Chine et l’Afrique reposent solidement sur une vision pluriverse et sont renforcées par une confiance mutuelle. Cette perspective pluriverse renforce l’attrait de la coopération sino-africaine et offre un potentiel de développement considérable pour les nations africaines. Tant le mécanisme des BRICS que le Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) représentent des plateformes essentielles pour stimuler la collaboration et le développement entre la Chine et l’Afrique.
Stimuler le développement
Dans le quatrième volume de son ouvrage Xi Jinping : La gouvernance de la Chine, le Président chinois s’interroge : « Pourquoi la Chine et l’Afrique jouissent-elles d’une relation si solide et d’un lien d’amitié aussi profond ? La réponse se trouve dans l’esprit intemporel d’amitié et de coopération qui s’est cristallisé entre elles, fondé sur une sincère amitié, l’égalité, un bénéfice réciproque, un développement conjoint, la justice, l’ouverture, l’inclusion et une évolution adaptée à leur époque. »
Depuis 2000, la Chine soutient activement le FCSA, apportant une contribution significative au développement de l’Afrique. Elle a notamment œuvré pour l’annulation de la dette des pays africains les plus endettés, la formation de professionnels africains, l’octroi de lignes de crédit aux gouvernements du continent et le renforcement de la coopération dans divers secteurs, tels que l’éducation, la science et la technologie, l’agriculture, la santé et la sécurité.
Le 15e Sommet des BRICS, organisé à Johannesburg du 22 au 24 août, avait pour thème : « Les BRICS et l’Afrique : un partenariat pour une croissance accélérée mutuelle, un développement durable et un multilatéralisme ouvert ». L’une des priorités du sommet consistait à établir une collaboration entre les BRICS et l’Afrique, visant à saisir des opportunités profitables pour renforcer les échanges commerciaux, les investissements et les infrastructures.
Avec la participation de 46 pays africains, le Président Ramaphosa a souligné l’importance de ce sommet historique des BRICS. En janvier 2024, six nouveaux pays rejoindront le groupe, marquant une étape cruciale pour le développement mondial. Lors de la rencontre BRICS-Afrique et du dialogue BRICS Plus, le Président Xi Jinping a réaffirmé le soutien de la Chine à l’Afrique et son engagement à renforcer la coopération pour le développement. Parmi les initiatives annoncées, on note le lancement, en collaboration avec l’UNESCO, d’un plan d’action « IDM (Initiative pour le développement mondial) pour l’avenir de l’Afrique », visant à promouvoir le développement durable sur le continent.

Un employé met en place une banderole pour le 15e Sommet des BRICS au Centre de congrès Sandton à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 17 août.
La Zone de libre-échange continentale africaine est centrale pour l’intégration économique de l’Afrique. Le sommet des BRICS a indiqué que malgré sa position marginale dans le commerce mondial, l’Afrique pourrait profiter d’une collaboration avec les BRICS, passant d’exportateur de matières premières à une productivité à valeur ajoutée. L’investissement dans les infrastructures africaines, essentiel pour stimuler la croissance, a aussi été mis en avant.
La Chine s’est impliquée dans de nombreux projets d’infrastructure en Afrique. Comme l’a mentionné le Président Xi, au cours des dix dernières années, « la Chine a apporté un soutien considérable à l’Afrique en matière de développement, contribuant à la réalisation de plus de 6 000 km de voies ferrées, autant de kilomètres d’autoroutes et à la mise en place de plus de 80 installations électriques majeures sur le continent. » En outre, l’engagement chinois ne se limite pas à l’infrastructure, il englobe également le renforcement des compétences et des capacités de développement de l’Afrique.
L’École nationale de gouvernement d’Afrique du Sud a reçu le distingué universitaire Zhang Weiwei, doyen de l’Académie de recherche de Chine à l’Université Fudan de Shanghai, en marge du sommet des BRICS. S’exprimant lors d’une interview, M. Zhang a observé que l’intérêt croissant des pays en développement à rejoindre les BRICS reflète une volonté du « monde non occidental de réformer l’ordre international actuellement perçu comme inéquitable ». Il a éloquemment mis en lumière que nous assistons au réveil du monde non occidental et que l’ordre international est appelé à évoluer. Cette vision est largement partagée par les pays du Sud et par les membres des BRICS.
Un partenariat éducatif
Outre l’apport financier et technique en Afrique, la Chine a joué un rôle actif dans des initiatives visant à renforcer les capacités et à promouvoir le partage de connaissances avec les nations africaines. Les interactions interpersonnelles se sont intensifiées, touchant des secteurs tels que l’éducation, la culture, la santé et le développement des ressources humaines. À la différence des programmes offerts par nombre d’autres donateurs, les formations chinoises sont spécifiquement destinées aux fonctionnaires. Ces échanges facilitent le renforcement des liens et favorisent une meilleure compréhension mutuelle entre les acteurs chinois et africains.
L’Agenda 2063 de l’UA dessine la vision d’une Afrique florissante, ancrée dans une croissance partagée et un développement durable. Pour concrétiser cette vision, l’Afrique a besoin d’une gouvernance solide, d’une identité culturelle marquée, de valeurs partagées et d’une approche du développement centrée sur les peuples. Elle doit également être puissante, unifiée, robuste et influente sur la scène internationale. Il est primordial de renforcer la capacité des institutions étatiques à gérer efficacement les affaires publiques et à offrir des services socio-économiques à leurs citoyens. Pour y parvenir, il est impératif de remplacer les bureaucraties insulaires par des fonctionnaires et des dirigeants dynamiques, novateurs, intègres et aptes, faisant preuve d’une acuité politique remarquable.
Par le biais de ses collaborations avec divers instituts chinois, dont l’Institut Chine-Afrique et l’Académie chinoise de gouvernance, l’École nationale de gouvernement d’Afrique du Sud a réussi à former un grand nombre de fonctionnaires dans de nombreux secteurs.
L’auteur est directeur de l’École nationale de gouvernement d’Afrique du Sud.