| 2025-12-02 |
Inspirer le Sud global |
| VOL. 17 / DÉCEMBRE 2025 par NI YANSHUO · 2025-12-02 |
| Mots-clés: La gouvernance de la Chine |

« La gouvernance de la Chine : Forum sur l'Initiative pour la gouvernance mondiale et les jeunes leaders » à l'Université de Johannesburg, le 30 octobre. (SUN XIANG)
La Chine joue un rôle de plus en plus actif sur la scène politique et économique mondiale, notamment dans le développement des pays du Sud global. L’une de ses initiatives les plus récentes, l’Initiative pour la gouvernance mondiale, incarne en quelque sorte les aspirations des pays du Sud global, indique Busani Ngcaweni, directeur du Centre pour les politiques publiques et les études africaines de l’Université de Johannesburg.
M. Ngcaweni s’exprimait lors d’une table ronde consacrée au cinquième volume de l’ouvrage Xi Jinping : La gouvernance de la Chine, qui s’est tenue le 30 octobre au Centre pour les politiques publiques et les études africaines de l’Université de Johannesburg. Plus de 60 participants, dont M. Ngcaweni, Philasande Sokhela, directeur du Centre pour le commerce africain de la Johannesburg Business School, et Sam Masango, vice-président de l’Assemblée législative provinciale du Mpumalanga, ont participé à cet événement intitulé « La gouvernance de la Chine : Forum sur l’Initiative pour la gouvernance mondiale et les jeunes leaders ».
Un modèle de gouvernance centré sur le peuple
M. Sokhela s’est dit fasciné par certaines idées exposées dans l’ouvrage comme la gouvernance en moteur de progrès humain. Lorsqu’une bonne gouvernance oriente les politiques publiques, elle devient un moteur de transformation, favorisant la création d’emplois, l’entrepreneuriat, une croissance inclusive et l’amélioration des conditions de vie, un aspect crucial dans le contexte africain et du Sud global.
La Chine pratique une gouvernance centrée sur le peuple ; gouverner ne consiste pas à exercer le pouvoir, mais à servir les aspirations des citoyens à une vie meilleure. Selon lui, le pouvoir doit avoir une finalité et les systèmes de gouvernance doivent être alignés sur l’autorité institutionnelle, les objectifs politiques, les cadres législatifs et les valeurs. Sans cet alignement, le pouvoir reste inexploité.
Dans sa présentation, M. Masango s’est concentré sur le développement industriel de la Chine tel que décrit dans l’ouvrage. Le cadre principal de l’approche chinoise repose sur des domaines politiques clés, notamment la modernisation du système industriel. Il s’agit de renforcer l’économie réelle et de promouvoir un avantage industriel intégré et axé sur l’innovation, deux aspects mis en avant dans l’ouvrage.
La forte industrialisation de la Chine est le fruit de politiques industrielles efficaces. Celles-ci visent à stimuler l’économie, à équilibrer consommation et investissement et à privilégier la réforme structurelle du côté de l’offre.
Bantu Siwisa, maître de conférences au Département de sciences politiques et de relations internationales de l’Université de Johannesburg, a ajouté que l’Afrique du Sud devrait s’inspirer des idées exposées dans l’ouvrage, notamment en matière de gouvernance centrée sur le peuple.
Faire face aux défis internationaux
Selon Elizabeth Shawa, maître de conférences à la Johannesburg Business School, le succès du développement de la Chine repose sur la mise en œuvre efficace de ses plans à long terme, à l’instar de ses plans quinquennaux de développement. La Chine s’apprête à publier son XVe Plan quinquennal, qui couvrira la période 2026-2030.
« Je pense que, comparé à l’Afrique du Sud ou à d’autres pays d’Afrique australe, le principal défi auquel nous sommes confrontés n’est pas l’absence de plans à long terme, mais plutôt le manque de structures institutionnalisées pour leur mise en œuvre. Sans elles, la mise en œuvre devient difficile en raison de l’alternance des cycles électoraux », affirme-t-elle. « L’essentiel est que, quel que soit le gouvernement en place, le travail se poursuive, que ce soit au niveau national ou à l’échelle de l’Afrique. »
Au cours de la discussion, Bongani Mayimele, directeur des relations internationales et des partenariats à la National School of Government, a insisté sur le fait que les fondements de la gouvernance chinoise sont essentiels à sa réussite. « Contrairement à de nombreux pays occidentaux, où la légitimité repose souvent sur la puissance militaire, la gouvernance chinoise se fonde sur ce que nous appelons le bonheur de son peuple », indique-t-il. « Cette approche a favorisé un sentiment de confort et de stabilité au sein de la population chinoise. »
L’approche chinoise en matière de réforme et d’ouverture, conjuguée à ses capacités étatiques, à sa clairvoyance stratégique et à sa vision à long terme, a été transformatrice. Ces éléments ont joué un rôle crucial dans l’ascension du pays.
Aujourd’hui, la Chine ne se concentre plus uniquement sur la résolution de ses problèmes intérieurs, mais s’attaque activement aux défis internationaux. Par exemple, lorsque l’administration Trump a imposé des sanctions, y compris à des pays plus petits comme le Lesotho, la Chine a réagi en accordant un traitement tarifaire zéro aux 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle, pour leur apporter son soutien.
Le cinquième volume de Xi Jinping : La gouvernance de la Chine a été publié pour la première fois en juillet dernier. Ce volume rassemble 91 interventions orales et écrites du président Xi Jinping, publiées entre le 27 mai 2022 et le 20 décembre 2024.