| 2026-01-04 |
Cap sur l'avenir |
| VOL. 18 / JANVIER 2026 par HE WENPING · 2026-01-04 |
| Mots-clés: relations sino-africaines |
La confiance politique, la coopération économique et les échanges culturels renforcent davantage les liens sino-africains.

Ouvriers du chemin de fer Tanzanie-Zambie remplaçant les traverses à la gare ferroviaire de New Kapiri Mposhi (province centrale), en Zambie, le 14 novembre 2025. (XINHUA)
L’année 2025 marque à la fois le 25e anniversaire de la création du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) et le lancement de la mise en œuvre des acquis de son Sommet de Beijing 2024. Tout au long de l’année, la Chine et l’Afrique ont renforcé leur coopération dans de nombreux domaines, donnant un nouvel élan à l’approfondissement de leur partenariat.
Alignement politique renforcé
La nouvelle page de la coopération sino-africaine en 2025 s’est ouverte avec la tournée du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, en Namibie, en République du Congo, au Tchad et au Nigeria. Cette tradition diplomatique, maintenue depuis 35 ans et voulant que la première visite à l’étranger du chef de la diplomatie chinoise soit consacrée à l’Afrique, illustre la vitalité d’une amitié sino-africaine éprouvée par le temps ainsi que la volonté ferme de la Chine de renforcer sa coopération avec ses partenaires africains. Elle témoigne également de l’engagement de la Chine à traduire dans les faits les résultats du Sommet de Beijing 2024 du FCSA.
Lors de ses échanges avec Netumbo Nandi-Ndaitwah, Présidente de la Namibie depuis mars 2025, M. Wang a souligné qu’en perpétuant cette tradition diplomatique, la Chine souhaite transmettre un message clair : quelles que soient les évolutions de la conjoncture internationale, elle demeure l’ami le plus fiable de ses frères et sœurs africains, leur partenaire le plus crédible dans la quête du développement et de la renaissance, ainsi que leur soutien le plus solide sur la scène internationale. L’Afrique occupe et continuera d’occuper une place prioritaire et essentielle dans la politique extérieure de la Chine.
En retour, les pays africains sont demeurés résolus à soutenir la position légitime de la Chine visant à préserver sa souveraineté et son intégrité territoriale, et se sont tenus sans hésitation à ses côtés sur les questions touchant à ses intérêts vitaux et à ses préoccupations majeures. Au cours de la visite de M. Wang, de nombreux dirigeants africains ont réaffirmé leur attachement indéfectible au principe d’une seule Chine ainsi qu’à la grande cause de la réunification nationale de la Chine. Le Premier ministre tchadien, Allamaye Halina, a souligné que son gouvernement plaçait la relation avec la Chine au premier rang de sa politique étrangère, la considérant comme son partenaire le plus fiable, et a exprimé l’espoir d’approfondir une coopération mutuellement bénéfique et d’accueillir davantage d’entreprises chinoises.
Le 38e Sommet de l’Union africaine (UA), tenu en février 2025, avait pour thème : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par le biais des réparations ». La Chine a apporté un soutien ferme à cet appel en faveur de la réparation des injustices historiques infligées à l’Afrique par la colonisation occidentale.
Par ailleurs, la Chine a résolument soutenu l’Afrique du Sud dans l’exercice de sa présidence tournante du G20 depuis le 1er décembre 2024, après avoir été le premier pays à appuyer clairement l’adhésion de l’UA au G20. L’Afrique du Sud a proposé pour ce sommet le thème « Solidarité, Égalité et Durabilité » malgré les boycotts et pressions de l’administration Trump. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, l’a même accusée de profiter du G20 pour promouvoir des « agendas anti-américains », notamment en matière de diversité, d’équité et d’inclusion. En dépit de ces pressions, l’Afrique du Sud a maintenu sa position et, avec le soutien de la Chine et d’autres membres du G20, a publié dès le premier jour la déclaration commune du sommet, isolant les États-Unis, grands absents de cette réunion internationale.

Promotion d’une sauce pimentée par une exposante namibienne lors de la 4e Exposition économique et commerciale sino-africaine, à Changsha (province du Hunan), le 13 juin 2025. (HU FAN)
Un partenariat économique en expansion
Lors de sa visite en Afrique début 2025, M. Wang a souligné que la Chine et l’Afrique devaient agir concrètement en faveur de l’essor du Sud global. En tant que plus grand pays en développement, la Chine soutient depuis toujours le progrès du continent africain et renforce l’unité et l’influence croissante de celui-ci par une coopération soutenue.
Depuis le Sommet de Beijing du FCSA en septembre 2024, les entreprises chinoises, guidées par les dix Actions de partenariat, ont intensifié leurs investissements en Afrique, lançant de nombreux projets dans les domaines des minerais verts, des appareils électroménagers, de l’automobile et des énergies nouvelles. La coopération sino-africaine s’est également élargie à des secteurs émergents tels que la logistique, la finance et l’économie numérique, désormais devenue un pilier essentiel des relations économiques sino-africaines. Des plateformes comme Alibaba International et Temu de Pinduoduo ont commencé à s’implanter sur le marché africain, faisant du commerce en ligne une nouvelle passerelle entre les deux parties.
Sur le plan commercial, la Chine a annoncé plusieurs mesures de facilitation et de promotion des échanges. Par exemple, depuis le 1er décembre 2024, elle accorde le traitement tarifaire zéro aux pays les moins avancés ayant avec elle des relations diplomatiques, dont 33 nations africaines. En juin 2025, elle a étendu ce régime à l’ensemble des pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle, facilitant ainsi leur accès à son vaste marché.
À l’inverse, l’administration Trump a imposé des droits supplémentaires de 30 % à 50 % à plusieurs pays africains, dont le Lesotho, Madagascar, Maurice, le Botswana, l’Angola, l’Algérie et l’Afrique du Sud, accentuant le contraste entre une Chine résolument engagée en faveur du libre-échange et des États-Unis davantage tournés vers le protectionnisme commercial.
Du 12 au 15 juin 2025, la 4e Exposition économique et commerciale sino-africaine s’est tenue à Changsha, dans la province du Hunan. Placée sous le thème « Chine et Afrique : ensemble vers la modernisation », cette édition a mis l’accent sur plusieurs domaines clés : les infrastructures, la coopération agricole, les énergies propres, le textile-habillement, l’économie numérique et les minerais verts. Des dialogues entre dirigeants d’entreprise, des rencontres dédiées à l’innovation et à l’entrepreneuriat des jeunes Chinois et Africains, ainsi que des sessions de mise en relation portant sur les projets de la Zone pilote pour la coopération économique et commerciale approfondie entre la Chine et l’Afrique ont permis de hisser cette coopération à un nouveau niveau.
En novembre 2025, lors de sa visite d’État en Zambie, le Premier ministre Li Qiang a assisté, aux côtés du Président zambien Hakainde Hichilema et du vice-Président tanzanien Emmanuel Nchimbi, à la cérémonie d’inauguration du projet de revitalisation du chemin de fer Tanzanie-Zambie (TAZARA). Le mémorandum relatif à ce projet, signé lors du Sommet de Beijing 2024 du FCSA, a depuis connu des avancées substantielles grâce à la coordination des différents départements et entreprises concernés. Une fois modernisée, la ligne TAZARA devrait porter sa capacité de fret de 200 000 tonnes à 2,4 millions de tonnes, réduire de deux tiers ses délais de transport et générer plus de 20 000 emplois.
L’année 2026 s’annonce prometteuse pour la coopération sino-africaine. Le projet de revitalisation de la ligne TAZARA devra entrer pleinement en vigueur, les entreprises chinoises intensifieront leurs investissements en Afrique, et davantage de produits africains accéderont au marché chinois. La nouvelle année, placée sous le signe des échanges humains et culturels sino-africains, devrait voir les visites réciproques entre les deux parties – notamment celles des femmes et des jeunes – atteindre un nouveau palier.
L’auteure est chercheuse à l’Institut Chine-Afrique.