| 2026-01-04 |
Marcher main dans la main |
| VOL. 18 / JANVIER 2026 par GE LIJUN · 2026-01-04 |
| Mots-clés: République du Congo ; Guangdong |
Une délégation de médias de la République du Congo en visite au Guangdong pour découvrir les réalisations de la modernisation à la chinoise.

La délégation de médias de la République du Congo découvre le parc Qixingyan, à Zhaoqing (province du Guangdong), le 20 novembre 2025. (CHEN JIAN)
Munis de questions concrètes et pragmatiques, les membres d’une délégation de médias de la République du Congo ont parcouru les villes de Yunfu et de Zhaoqing, dans la province du Guangdong, du 16 au 22 novembre 2025. Ils ont visité des ateliers de production, enquêté au sein d’instituts de recherche, découvert de beaux villages et exploré des sites archéologiques, à la recherche des clés de la modernisation à la chinoise dans ses multiples dimensions. Tout au long de la mission, leurs carnets se noircissaient de notes, témoignant de leurs observations et réflexions. « De retour au pays, je relaterai fidèlement tout ce que j’ai vu et entendu ici », affirme Rosine Mathilde Bouamoutala, journaliste à La Nouvelle République.
La Chine et la République du Congo, liées par un solide partenariat stratégique global, se soutiennent mutuellement et œuvrent de concert à une coopération gagnant-gagnant. Cette collaboration a déjà obtenu des résultats fructueux dans les infrastructures, l’énergie, la santé ou encore l’éducation. La Chine est le premier partenaire commercial de la République du Congo et l’une de ses principales sources d’investissement direct étranger.
Province pionnière de la réforme et de l’ouverture, le Guangdong est un véritable condensé de la modernisation à la chinoise : ses expériences et innovations illustrent avec force le potentiel de ce modèle. La promotion de la modernisation à la chinoise ouvre aux pays en développement – y compris à la République du Congo – une nouvelle voie de modernisation, originale et inspirante.
En se rendant dans la province, la délégation congolaise a pu observer de près la mise en œuvre concrète de cette modernisation. L’objectif : identifier les expériences susceptibles d’être adaptées à la réalité congolaise, afin de favoriser des opportunités de développement partagé et d’avancer ensemble sur la voie de la modernisation.
Décoder le développement de qualité
Au fil de leur parcours, la délégation congolaise s’est immergée dans le dynamisme industriel chinois, découvrant comment les entreprises locales se réinventent pour répondre aux exigences de la modernisation.
À Jinli, bourg relevant de la ville de Zhaoqing, la délégation a tout d’abord visité une filiale de Guangdong Hongtu Technology. Dans le hall d’exposition, les pièces automobiles moulées sous pression ont immédiatement attiré leur attention. Son directeur, Li Jianyang, a présenté l’évolution de l’entreprise et ses efforts en matière d’innovation technologique, exemple frappant de la transformation réussie d’un secteur traditionnel. Dans les ateliers d’Educe Home Furnishing Technology (Zhaoqing), quatre bras robotiques s’activaient de manière synchronisée au milieu du vrombissement des machines, suscitant l’intérêt et les photos des visiteurs.
La délégation a également pu explorer les secteurs émergents. À Zhaoqing, ils ont visité le parc industriel de XPENG, entreprise innovante spécialisée dans les véhicules à énergies nouvelles (NEV). Ils ont écouté les explications des ingénieurs sur la R&D et les applications en conduite autonome, avant de monter eux-mêmes à bord pour une séance d’essai. Ils ont tous été surpris que l’entreprise puisse sortir une voiture complète de la ligne de production en seulement 90 secondes. « C’est absolument stupéfiant ! Les technologies clés que nous avons vues, ainsi que le design élégant des véhicules, nous ont profondément impressionnés », lancent-ils.
À l’échelle provinciale, le Guangdong demeure résolument engagé dans le développement manufacturier. Selon les données publiées lors de la conférence de presse sur la réalisation du développement économique et social du Guangdong durant le XIVe Plan quinquennal (2021-2025), tenue le 6 novembre 2025, la production de NEV atteint 3,618 millions d’unités, soit un quart du total national, et celle des robots industriels s’élève à 247 000 unités, représentant 43,5 % de la production chinoise. Parallèlement à cela, le Guangdong a déjà mis en place près de 2 100 incubateurs d’entreprises technologiques et espaces d’innovation.

La délégation de médias de la République du Congo visite la filiale Jinli de Guangdong Hongtu Technology, à Zhaoqing (province du Guangdong), le 20 novembre 2025. (CHEN JIAN)
Un bel environnement et de beaux villages
Zhaoqing est également une ville où il fait bon vivre : le parc Qixingyan s’étend au cœur de la ville telle une vaste peinture de paysage traditionnelle. Les reflets scintillants du lac, la brise légère et le calme naturel ont attiré les membres de la délégation, qui se sont empressés de photographier ce cadre enchanteur. Depuis plusieurs années, la ville y a engagé d’importants efforts de rénovation : infrastructures modernisées, qualité de services améliorée, paysages restaurés. En janvier 2020, le parc a été promu site touristique national 5A, la plus haute distinction en Chine.
Sur place, les journalistes congolais se sont montrés fascinés par les formations karstiques, s’informant avec intérêt sur l’histoire des inscriptions rupestres, les mesures de protection de la biodiversité et la gestion quotidienne de la zone.
Chrislin Vivien Sita Nsemi, chef de service informatique et community manager à Télé Congo, a souligné que le site du parc Qixingyan constitue « un modèle de protection et de valorisation du patrimoine naturel ». En citant le Parc national d’Odzala-Kokoua de son pays, il a ajouté : « Nous pouvons nous inspirer de l’organisation efficace de la gestion touristique et de l’usage étendu des technologies vertes de la Chine. De son côté, la Chine pourrait observer notre modèle de protection fondé sur la participation des communautés locales. Nos deux pays partagent les mêmes ambitions : développer un tourisme durable et préserver leur patrimoine naturel. »
Au mont Dinghu, les membres de la délégation ont été plongés dans une végétation luxuriante, découvrant de manière concrète l’harmonie entre l’homme et la nature, au cœur de la vision chinoise. « En matière de protection écologique, la Chine a accompli un travail remarquable. Face au défi mondial du changement climatique, elle constitue un véritable modèle dont nous devrions tous nous inspirer afin de transmettre aux générations futures un environnement sain », affirme à CHINAFRIQUE Lucie Prisca Condhet Nzinga, journaliste à Télé Pointe-Noire.
Ces dernières années, le Guangdong a avancé de manière coordonnée dans la réduction des émissions, la lutte contre la pollution, l’extension des espaces verts et une croissance durable. Le taux de conservation des sols et de l’eau est passé à 90,7 %, et les 7 200 km de corridors écologiques relient montagnes, fleuves et mer.
La beauté n’est pas réservée qu’aux sites touristiques : elle se retrouve aussi en zone rurale. Dans le village de Chaoyangli, à Zhaoqing, l’environnement préservé et le patrimoine culturel ont marqué les journalistes congolais. Grâce à un modèle associant pilotage gouvernemental, soutien des entreprises publiques et investissements privés, il illustre concrètement la mise en œuvre du programme de développement coordonné urbain-rural, stratégie majeure lancée fin 2022 à l’échelle de la province. Résultat : l’écart de revenu disponible par habitant entre urbains et ruraux est passé de 2,49 en 2020 à 2,31 en 2024, ce qui témoigne d’un développement plus harmonieux dans la province.
La délégation a également découvert le rôle essentiel de la technologie dans la revitalisation rurale. Dans le district de Xinxing, à Yunfu, les journalistes ont visité l’Institut de recherche du groupe Wens. Ses systèmes de gestion numérique et ses technologies d’élevage modernes ont profondément impressionné la délégation.

La délégation de médias de la République du Congo explore le site archéologique de Modaoshan, dans le district de Yunan, à Yunfu (province du Guangdong), le 18 novembre 2025. (CHEN JIAN)
Plonger dans l’histoire et la culture
Au-delà du développement industriel et social, la délégation a vécu une expérience culturelle marquante sur le site archéologique de Modaoshan, dans le district de Yunan, à Yunfu. En foulant cette terre rouge, ils ont entrepris une véritable traversée du temps, découvrant les traces des anciens habitants de la culture Lingnan datant d’il y a 600 000 à 800 000 ans, et engageant ainsi un dialogue entre passé et présent.
Guidée par les spécialistes du site, la délégation a exploré les origines de cette culture préhistorique, ressentant à la fois la profondeur de la civilisation chinoise et la diversité de ses ancrages régionaux. À chaque arrêt, ils écoutaient attentivement les explications, photographiant, questionnant, et échangeant autour des enjeux de préservation du patrimoine culturel.
Josepha Saprina Bouity, journaliste à Radio Brazzaville, a confié avoir été profondément touchée. Selon elle, la République du Congo possède aussi d’importants sites préhistoriques, mais les fouilles ne sont pas menées avec la même profondeur. En Chine, l’archéologie est valorisée grâce à la culture, ce qui enrichit les recherches. Cette visite l’inspire : « Je souhaite rapporter cette expérience pour mieux faire découvrir la richesse de la civilisation africaine aux visiteurs. »
Après les visites, ils ont également participé à un atelier de découpage de papier, art inscrit au patrimoine culturel immatériel de Chine. L’ambiance était chaleureuse, les échanges avec les artisans, vivants. Ils ont aussi dégusté des spécialités locales, notamment le jus et le vinaigre de clausena, petit fruit tropical typique du district de Yunan, très appréciés.
Allegra De Rachelia Maposso, journaliste à l’Agence congolaise d’information, a réagi avec enthousiasme. « Goûter un jus aussi naturel m’a permis de ressentir la générosité de la nature dans le sud de la Chine. »
Ces expériences – ateliers d’art, dégustations et échanges – ont permis à la délégation de s’immerger dans la culture Lingnan, tout en renforçant les ponts culturels entre la Chine et l’Afrique.
Un modèle d’échanges médiatiques sino-africains
Ce déplacement de la délégation congolaise au Guangdong illustre concrètement la coopération sino-africaine dans le domaine des médias. En découvrant directement le dynamisme industriel et le patrimoine culturel de Zhaoqing et de Yunfu, les journalistes ont pu approfondir leur compréhension de la Chine. Pour le Guangdong, cette visite constitue également une plateforme importante pour présenter à l’Afrique ses avancées dans l’édification écologique et l’ouverture internationale, contribuant ainsi à renforcer les liens d’amitié sino-africains.
« Cette visite nous permet d’approfondir notre compréhension de la Chine, qu’il s’agisse de l’industrie, de la société ou de la culture. La diversité des activités nous donne accès à des connaissances que nous n’avions pas auparavant. Tout cela est vraiment impressionnant », confie à CHINAFRIQUE Annie Itoua Peya, journaliste à l’Agence congolaise d’information.
Chaque étape du parcours de la délégation congolaise témoigne d’une réalité : l’expérience chinoise du développement n’est pas seulement une réussite de vitesse et d’échelle, mais aussi le fruit d’une combinaison efficace entre politiques, innovation technologique et mobilisation sociale. Ces expériences, reproductibles et adaptables, traversent aujourd’hui les frontières et offrent aux pays en développement une source d’inspiration précieuse.