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  2026-01-12
 

L'arôme du succès

VOL. 18 / JANVIER 2026 par YANG SHUANGSHUANG  ·   2026-01-12
Mots-clés: Songyang; thé

Alliant tradition et modernité, de jeunes entrepreneurs font revivre la filière et la culture du thé à Songyang. 

Le salon de thé Yushankong bénéficie d’une grande popularité auprès des jeunes. (YU JIE) 

  

Dans les ruelles pavées du district de Songyang, alors que la brume matinale n’est pas encore dissipée, un délicat parfum de thé s’échappe d’une maison centenaire. Yang Junjie, artisan expert en thé, s’active devant son fourneau. Les mains du quadragénaire se meuvent rapidement au-dessus du wok de fer brûlant, faisant tourbillonner de tendres feuilles de thé vert entre ses doigts. 

« Aujourd’hui, les amateurs de thé sont de plus en plus nombreux ; nous connaissons une résurrection de la valeur de l’artisanat », confie-t-il. 

Situé au cœur des montagnes du sud-ouest de la province du Zhejiang, Songyang possède une longue et riche histoire de culture et de production du thé. Le district était déjà réputé pour son thé dès la période des Trois Royaumes (220-280). Aujourd’hui, 153 200 mu (plus de 10 000 hectares) de ce territoire sont dédiés aux plantations de thé écologique. Un habitant sur trois vit de cette filière, dont la valeur de la chaîne industrielle dépasse désormais 13,5 milliards de yuans (1,9 milliard de dollars).  

Ce secteur florissant favorise l’exode urbain des jeunes natifs. Des ateliers de torréfaction manuelle aux salons de dégustation branchés, en passant par les studios de diffusion en direct, cette nouvelle génération réinvente les savoir-faire ancestraux pour les adapter au monde contemporain. 

  

Artisanat et expertise 

Selon M. Yang, face à une demande croissante de qualité et d’authenticité, le thé torréfié à la main – apprécié pour sa saveur singulière et sa dimension culturelle – se vend trois à cinq fois plus cher que le thé traité mécaniquement : « En 2024, un client de Shanghai a fait 600 km en voiture pour acheter mon thé, affirmant que le thé industriel manquait de caractère. » 

« Pour torréfier le thé, il faut sentir la température avec le cœur. » Ayant grandi aux côtés de son grand-père, M. Yang a assimilé cet art dès l’enfance. Après son service militaire en 2009, il s’est rendu à Hangzhou (province du Zhejiang) pour acquérir les techniques de torréfaction du thé Longjing. « Les feuilles torréfiées à la main sont denses et lourdes au toucher, et leur arôme et leur goût sont inimitables. » Il prend une poignée de « Silver Monkey de Songyang » fraîchement torréfié : les feuilles au duvet argenté scintillant s’épanouissent dans sa paume. 

Aujourd’hui, son atelier de thé est devenu une marque reconnue, et les commandes affluent de toute la Chine. Pour assurer la pérennité de cet art, M. Yang forme avec soin ses apprentis, mettant l’accent sur la souplesse du poignet et la régularité de la pression. 

Reconnaissant son importance culturelle, Songyang a inscrit la fabrication artisanale du thé au patrimoine culturel immatériel et a créé un fonds spécial pour soutenir sa préservation. 

 

Moment de détente devant un salon de thé du vieux quartier de Songyang. (YU JIE) 

  

Importance de la présence en ligne 

Le marché du thé du sud du Zhejiang à Songyang baigne toute la journée dans un parfum enchanteur. Ici, moult boutiques de thé bordent les rues, les producteurs et marchands de thé se succèdent, et les transactions quotidiennes atteignent 185 tonnes. Autant d’opportunités pour les agriculteurs et les commerçants locaux. 

Titulaire d’un diplôme universitaire, Wang Yipeng a décidé de quitter son emploi en ville et de retourner à Songyang en 2017 pour se lancer dans l’e-commerce, laissant son entourage perplexe. Mais ce dernier a toujours cru en l’avenir prometteur de la filière thé de Songyang. 

Avec une équipe de 16 personnes, il parcourt les plantations de thé pour consulter des cultivateurs expérimentés, filmant chaque étape du processus, de la cueillette à la torréfaction. Sa marque « Tea Farmer Wang Dapeng » compte plus de 700 000 abonnés grâce aux vidéos éducatives publiées sur les réseaux sociaux. Il vend près de 500 kg de thé par jour, générant un chiffre d’affaires annuel de 30 à 40 millions de yuans (4,2 à 5,6 millions de dollars). 

Aujourd’hui, Songyang compte plus de 700 entreprises d’e-commerce, dont plus de la moitié est spécialisée dans le commerce du thé. L’e-commerce est devenu un moteur clé de la transformation et de la montée en gamme du secteur local. À ce jour, le district a développé 1 650 boutiques de thé en ligne, avec des ventes qui ont dépassé 5 milliards de yuans (700,7 millions de dollars) en 2024. 

Songyang repositionne aujourd’hui sa filière thé avec une nouvelle approche : un approvisionnement et une distribution à l’échelle nationale. En établissant un système d’approvisionnement complet centré sur le thé parfumé de Songyang et en intégrant six grandes catégories de thé, le district ambitionne de devenir un modèle national d’innovation et de transition numérique dans le secteur du thé. « Nous ne vendons pas seulement du thé », indique M. Wang. « Nous partageons un pan de la culture de Songyang avec le monde. » 

  

L’auteure est journaliste à La Chine au présent. 

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