| 2026-03-04 |
Un partenariat de choix |
| VOL. 18 / MARS 2026 par FRANÇOIS ESSOMBA · 2026-03-04 |
| Mots-clés: Cameroun |
La signature récente d’un accord de coopération entre la Chine et le Cameroun a pour objectif de promouvoir l’excellence dans l’enseignement supérieur.

Photo de groupe des personnalités de haut rang ayant pris part à la cérémonie de signature de l’accord-cadre entre le MINESUP et la CFHEC, à Yaoundé, au Cameroun, le 13 janvier. (COURTOISIE)
La coopération sino-camerounaise continue de se renforcer. La signature d’une convention entre le ministère de l’Enseignement supérieur (MINESUP) du Cameroun et la société chinoise China First Highway Engineering Company (CFHEC) en est le dernier jalon et a fait l’objet d’une cérémonie, qui a eu lieu le 13 janvier à Yaoundé, en présence de plusieurs personnalités de haut rang. La concrétisation de cet accord-cadre a été exécutée par Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, et Zhao Zongzhi, directeur général de la CFHEC.
Une formation professionnelle de qualité
L’objectif principal de cet accord-cadre est de contribuer à l’émergence du Cameroun en renforçant les compétences de ses jeunes. C’est dans cette optique que le MINESUP et la CFHEC ont décidé de s’associer pour former, dès leur sortie de l’université, des professionnels immédiatement opérationnels, capables de répondre aux besoins du marché du travail.
Il s’agit d’une approche innovante qui vise à aller au-delà de la simple formation académique afin d’offrir une formation pratique et adaptée aux besoins du pays. Ainsi, le MINESUP et la CFHEC s’engagent à contribuer de manière proactive et responsable au développement des compétences et à la formation de la main-d’œuvre nationale, essentielle pour la mise en œuvre de projets d’infrastructures à grande échelle au Cameroun et dans la sous-région d’Afrique centrale.
En vertu de leurs missions respectives, le MINESUP et la CFHEC partagent des objectifs communs pour développer un capital humain hautement qualifié, nécessaire pour atteindre les objectifs de développement économique de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 et du plan « Cameroun Vision 2035 ». Le partenariat, baptisé « Programme de certification professionnelle MINESUP-CFHEC », a aussi pour mission de renforcer la professionnalisation de l’enseignement universitaire et d’améliorer l’employabilité des diplômés.
Ce programme permettra de former et de certifier les étudiants dans le domaine de la construction d’infrastructures de grande ampleur, leur offrant ainsi une compétence supplémentaire reconnue par une entreprise leader du secteur, sous la supervision du MINESUP. Cette certification vient compléter leur formation académique et leurs diplômes, apportant un atout professionnel précieux.
Ce partenariat introduit la « double qualification » (diplôme universitaire + certification de la CFHEC), basée sur un modèle 70/20/10 (pratique, mentorat, théorie) pour rendre les étudiants immédiatement opérationnels.
À sa prise de parole, M. Ndongo a invité les étudiants à aller au-delà de la théorie : « Il ne suffit plus d’un simple savoir théorique, qui se trouve déjà sur Internet et dans les livres. Tout le savoir se situe sur la pratique. Et nos amis chinois sont déjà très avancés dans le savoir-faire que nous recherchons aujourd’hui. »
Selon M. Zhao, l’amélioration de l’employabilité des jeunes passe par une articulation étroite : l’enseignement supérieur, la pratique industrielle et le développement des compétences professionnelles.

Chantier de construction d’un pont réalisé par la CFHEC sur le fleuve Nyong, à Malombo, au Cameroun. (XINHUA)
Un acteur majeur du développement
Basée à Beijing, la CFHEC est une filiale de China Communications Construction Company, spécialisée dans les infrastructures de transport (routes, chemins de fer, projets de transport urbain, etc.). Ce consortium compte plus de 25 000 employés, et a construit plus de 18 000 km de routes à travers le monde, dont 10 % des projets d’autoroutes entrepris à travers l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient.
Présente à Douala et Yaoundé, les deux plus grandes métropoles du pays, la CFHEC s’est distinguée de manière remarquable au Cameroun à travers plusieurs réalisations majeures, telles que la construction des phases I et II de l’autoroute Yaoundé-Douala (coût financier d’environ 444 millions de dollars), la construction du pont sur le fleuve Nyong à Malombo, l’aménagement des berges du fleuve Wouri à Douala, ainsi que la construction de l’immeuble siège de la Direction générale des impôts (coût d’environ 35,8 millions de dollars). Un autre ouvrage est en cours : la CFHEC est chargée de la construction de 10 km de voies sur les berges du fleuve Wouri, pour un coût estimé à environ 73,5 millions de dollars. Ces projets témoignent de l’engagement de la CFHEC à contribuer au développement des infrastructures au Cameroun.
Au fil des ans, la coopération sino-camerounaise s’est renforcée, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’économie et de la culture. Un demi-siècle après le début des relations entre les deux pays, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Cameroun et les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 4,72 milliards de dollars en 2024. « Année sino-africaine des échanges humains et culturels », l’année 2026 offre une occasion unique de renforcer les liens entre la Chine et l’Afrique, y compris le Cameroun.