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  2025-12-02
 

Approfondir les connexions interculturelles

VOL. 17 / DÉCEMBRE 2025 par LI YIN  ·   2025-12-02
Mots-clés: jeune chercheur burundais ; Chine

Etienne Bankuwiha offre son livre au professeur Liu Hongwu de l’Université normale du Zhejiang, le 17 avril. (PHOTOS : COURTOISIE)

Etienne Bankuwiha, sinologue burundais et doctorant à l’Université de Nanjing, a reçu le 13 novembre ce qu’il attendait avec impatience : une réponse du Président chinois Xi Jinping. Il faisait partie des 61 jeunes issus du monde entier participant à la Conférence mondiale de la langue chinoise 2025 tenue du 14 au 16 novembre à Beijing. 

Auparavant, le groupe avait adressé une lettre commune au Président Xi, partageant leurs expériences de recherche et exprimant leur désir d’approfondir leur connaissance de la Chine et de servir de ponts pour les échanges culturels. 

Dans sa réponse, le Président Xi a salué les contributions des jeunes chercheurs. « Être reconnu et compris par le Président Xi en personne est un grand honneur », se réjouit-il. « Je poursuivrai ma mission, rapportant à mon pays ce que j’ai vu et appris en Chine afin de contribuer au progrès de notre nation. » 

Le 12 novembre, M. Bankuwiha (appelé Ban Chao en chinois), a participé au Forum international des études d’outre-mer consacrées à la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Son intervention portait sur la manière dont la « diplomatie des proverbes » du Président Xi entrelace les cultures et les sagesses traditionnelles chinoises et africaines, révélant ainsi la force profonde du dialogue des civilisations. 

En juin dernier, il a assisté à la 9e Conférence mondiale de sinologie, où il a fait une présentation sur l’hybridité culturelle entre la Chine et l’Afrique, directement en chinois. 

Une soif d’apprendre 

M. Bankuwiha se caractérise par son parcours universitaire brillant. Il se souvient parfaitement du début de sa passion pour la culture chinoise, il y a 13 ans. « Tout a commencé par une forte curiosité pour la cuisine chinoise », confie-t-il à CHINAFRIQUE en riant. 

En 2012, alors étudiant en mathématiques à l’Université du Burundi, il s’est inscrit à un cours de chinois à l’Institut Confucius qui venait d’ouvrir. Sans grand rapport avec la cuisine, le cours a fait naître en lui, de façon inattendue, une passion qui allait marquer sa vie. 

À travers la langue, il a découvert une culture mettant l’accent sur l’harmonie, le respect et le bien-être collectif, des valeurs profondément ancrées dans son héritage africain. 

Grâce à ses excellents résultats scolaires, il a décroché une bourse pour étudier en Chine. Une fois sur place, il s’est immergé dans la vie quotidienne, au-delà des manuels scolaires. Au contact des locaux et des traditions, il a saisi les aspirations communes d’une société en pleine modernisation. Ses études se sont poursuivies avec l’obtention d’un master d’enseignement en Chinois Langue Étrangère, lui ouvrant la voie de l’interculturel. 

Etienne Bankuwiha donne une conférence à l’Institut Confucius de l’Université du Burundi, le 5 septembre.

Un partage culturel 

Bien que le gouvernement burundais soutienne l’enseignement du chinois, les enseignants qualifiés restent rares. M. Bankuwiha est devenu une source d’espoir pour la jeunesse burundaise grâce au partage de sa connaissance approfondie de la culture et de son expérience vécue. 

En 2020, il a étendu son action en enseignant dans une émission de télévision locale, permettant ainsi à un large public d’apprendre le chinois. Cette initiative est devenue le premier programme national d’enseignement du chinois à distance au Burundi, et ce pendant la pandémie. 

Il a également dirigé la compilation du manuel bilingue chinois-français J’aime apprendre la langue chinoise, contribuant directement au développement de l’enseignement du chinois en Afrique. 

Langue et culture sont indissociables à ses yeux. Outre l’enseignement, il a créé un club dédié à l’art du découpage de papier chinois pour faire découvrir la culture chinoise aux communautés locales. 

Un chercheur en mission 

Après plus de trois ans d’enseignement du chinois au Burundi, M. Bankuwiha est retourné en Chine pour y poursuivre un doctorat à l’Université de Nanjing. 

En 2024, il a publié sa première monographie, La Mission de l’Institut Confucius en Afrique, premier ouvrage universitaire burundais consacré à la sinologie. 

Ce livre propose une analyse nuancée du rôle de l’Institut Confucius en Afrique, le présentant autant comme un centre d’apprentissage que comme un moteur de coopération socio-économique. S’appuyant sur sa propre expérience (bénéficiaire du programme puis enseignant), il offre un point de vue privilégié. 

Dans ses recherches approfondies et entretiens, il s’attache à dissiper les idées reçues, en montrant comment ces institutions favorisent la collaboration éducative et culturelle et créent des plateformes d’engagement sino-africain. 

Fort de plus d’une décennie d’étude de la culture chinoise, M. Bankuwiha confie avoir été constamment inspiré par l’importance accordée par le Président Xi aux échanges culturels et à l’inspiration mutuelle entre les civilisations. Les mots du Président dans la lettre de réponse l’ont particulièrement touché : « La sinologie est née en Chine, mais elle appartient au monde. » Pour M. Bankuwiha, cela incarne l’engagement de la Chine en faveur de l’ouverture et du dialogue interculturel. 

Le parcours de ce doctorant déterminé reflète l’évolution des relations sino-africaines, fondées sur le respect, enrichies par l’apprentissage et portées par des aspirations communes pour l’avenir.

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