法语词典:
中文 ANGLAIS
Accueil Opinions La Chine à la Loupe Culture Vidéos Photos
  2026-01-04
 

Une voie vers la modernité inspirante

par Le Prince Elidad Mode Elenga  ·   2026-01-04
Mots-clés: République du Congo ; Guangdong

Rien de tel qu’un voyage sur place pour prendre conscience de l’avancée de la Chine et en tirer des enseignements pour la République du Congo. 

Salle d’exposition de la filiale Jinli de Guangdong Hongtu Technology, à Zhaoqing (province du Guangdong), le 20 novembre 2025. (CHEN JIAN) 

 

Au-delà des discours politiques et des analyses théoriques, la « modernisation à la chinoise » est une réalité tangible que l’on ne comprend pleinement qu’en la vivant. La province du Guangdong en est l’incarnation sur le terrain, apportant des perspectives d’application pour la République du Congo. 

  

Compréhension incarnée 

Avant d’arriver en Chine, ma connaissance de la « modernisation à la chinoise » reposait principalement sur des lectures, des études économiques et des récits de collègues ayant déjà parcouru le pays. J’y voyais une modernisation rapide, planifiée, fondée sur la technologie et les infrastructures massives. 

Mais un moment précis de notre voyage a profondément changé mon regard : la visite du village modèle de Chaoyangli, relevant de la municipalité de Zhaoqing et intégré au « Programme de développement de qualité pour les cent districts, les mille bourgs et les dix mille villages » du Guangdong. Il s’agit d’un projet de développement constituant la stratégie centrale de la province pour promouvoir la coordination du développement urbain-rural et régional. Là, j’ai perçu non pas une modernisation imposée par le gouvernement, mais un modèle co-construit avec les populations, respectueux des ressources naturelles et de l’identité locale. 

Ce village, autrefois ordinaire, est aujourd’hui un espace vivant où la culture rurale rencontre l’écotourisme, où l’ancien se marie à l’innovation. C’est à cet instant que j’ai compris que la modernisation à la chinoise n’est pas seulement une stratégie économique : c’est une philosophie sociale et humaine. 

  

Des expériences concrètes et transposables 

Après avoir observé la mise à niveau industrielle, les énergies renouvelables, la revitalisation rurale et les initiatives écologiques, plusieurs éléments m’apparaissent particulièrement pertinents pour la République du Congo. Le modèle chinois s’avère immédiatement adaptable pour ce qui est de la revitalisation rurale. La République du Congo possède un potentiel naturel immense : forêts luxuriantes, rivières, traditions vivantes et paysages uniques. Pourtant, nos zones rurales restent sous-valorisées. 

Le Guangdong démontre qu’il est possible de revitaliser l’économie rurale sans dénaturer les populations, en misant sur l’écotourisme, la culture locale, l’agriculture moderne, l’artisanat valorisé et les partenariats public-privé. Ce modèle pourrait être facilement reproduit dans le Pool, la Likouala, la Sangha ou le Kouilou, où la nature et les cultures sont des richesses inexploitées. Les industries traditionnelles doivent être modernisées sans pour autant faire table rase du passé. 

La République du Congo a la capacité d’appliquer la même logique à la transformation du bois, la pêche artisanale, la poterie, le textile local, l’agriculture vivrière. Moderniser, c’est améliorer la qualité, augmenter la valeur ajoutée et protéger un savoir-faire. La Chine fait preuve d’une conscience écologique profonde. Le Guangdong met en avant un développement qui intègre la nature au lieu de l’affronter. Dans un pays comme le nôtre, où les écosystèmes sont encore préservés, cela constitue une opportunité historique : adopter tôt les énergies propres, la gestion moderne des déchets et une urbanisation verte. 

 

Visite du village de Chaoyangli, à Zhaoqing (province du Guangdong), le 21 novembre 2025. (CHEN JIAN) 

  

Potentialités et défis à relever 

J’ai été particulièrement marqué par le modèle de revitalisation rurale collaborative, où gouvernement local, experts, entreprises et habitants travaillent ensemble. Des possibilités de développement pour la République du Congo incluent le développement de villages écotouristiques avec infrastructures légères. Cela permettrait de stimuler le tourisme à moindre coût et de rendre les zones rurales plus attractives. La création de pôles de production rurale serait également facilement envisageable en misant sur une agriculture moderne et une amélioration des conditions d’élevage. La valorisation des traditions artisanales comme vecteur économique serait également un atout indiscutable. Encourager les jeunes à entreprendre dans leurs propres villages redynamiserait également les zones rurales. 

Bien entendu, toute évolution engendre des défis à relever. Au niveau de la gouvernance locale, transparence, gestion rigoureuse et implication réelle des populations sont primordiales. De même, la formation des acteurs du changement est essentielle pour avancer : sans compétences, la technologie ne transforme rien. Ce qui est sûr également, c’est que côté financement, la revitalisation demande un investissement initial et qu’il est nécessaire de changer la perception des jeunes sur le monde rural. Les autorités s’efforçant de le rendre plus attractif via la mise en avant de son potentiel, les jeunes n’auront qu’une envie, c’est d’y rester. Ce modèle n’est pas impossible pour la République du Congo : il exige simplement volonté, cohérence et partenariat. 

  

Avenir commun : renforcer la coopération sino-congolaise 

À la lumière de ce voyage, plusieurs axes de coopération apparaissent comme prioritaires : le numérique et l’e-gouvernance, l’agriculture intelligente, la formation et les échanges universitaires et tout ce qui touche aux énergies vertes. La Chine maîtrise les plateformes de services publics, l’intelligence artificielle, les données et les infrastructures numériques. La République du Congo gagnerait à moderniser ses services administratifs grâce à ce savoir-faire. 

Un besoin urgent de modernisation se fait également sentir dans le domaine de l’agriculture. Les technologies chinoises pourraient transformer profondément notre capacité à nourrir notre population notamment par l’irrigation intelligente, les drones agricoles, les serres modernes ou encore les semences résistantes. Concernant l’éducation, les universités chinoises pourraient devenir des partenaires majeurs pour la formation de notre jeunesse, et ce notamment pour l’ingénierie, la communication, l’environnement et les technologies. Et à propos d’environnement, les routes écologiques, les parcs urbains modernes, les installations solaires ou hydrogènes et les transports électriques sont autant de pistes qui pourraient faire entrer la République du Congo dans une ère de développement durable. 

  

Le Prince Elidad Mode Elenga (au centre) au Musée du site archéologique de Modaoshan, à Yunfu (province du Guangdong), le 18 novembre 2025. (CHEN JIAN) 

  

Le rôle des médias : bâtir des ponts entre les peuples 

En tant que journaliste et acteur du secteur médiatique, je suis convaincu que nous portons une grande responsabilité dans la relation sino-congolaise. Les médias doivent évoquer la Chine sans complaisance ni caricature, rendre visibles les histoires humaines derrière les projets, montrer les opportunités réelles de coopération, combattre les perceptions erronées, contextualiser les réussites et les défis, et surtout jouer le rôle d’intermédiaire culturel. 

À mon retour, je raconterai cette « histoire du Guangdong » à travers des reportages, des entretiens, des vidéos, des articles analytiques et des récits humains. Mon objectif : permettre aux Congolais de comprendre ce modèle sans filtre, avec nuance et pragmatisme. 

Ce voyage n’a pas été une simple visite d’étude. Il a été une révélation sur ce qu’est réellement la modernisation à la chinoise : une démarche profondément humaine, respectueuse des identités, rigoureusement planifiée et tournée vers l’avenir. La Chine n’offre pas un modèle à copier, mais une source d’inspiration à interpréter. Dans notre pays, c’est à nous d’en tirer l’essence, d’en adapter les leçons et d’en faire un levier de transformation nationale. 

  

L’auteur est journaliste à Radio Congo en République du Congo. 

Imprimer

24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine


京ICP备08005356号-8 京公网安备110102005860