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  2026-01-12
 

Du désert à la durabilité

par ROUKIATOU ALINE BENIWENDE PAMTABA  ·   2026-01-12
Mots-clés: Vivre en Chine ; Burkina Faso

Comment la science, la planification publique et l’engagement communautaire transforment une région aride en Chine et offrent des sources d’inspiration à l’Afrique. 

Visite du groupe d’étudiants de l’Université d’agriculture de Chine au réservoir d’eau de Hongyashan dans le district de Minqin (province du Gansu). (COURTOISIE) 

 

Dans le cadre de mon master spécialisé en utilisation des ressources et sciences de l’environnement à l’Université d’agriculture de Chine, j’ai eu le privilège de participer à un voyage d’études dans le bassin de la rivière Shiyang et ses environs, du 17 au 21 juillet 2025. Cette expédition dans la province du Gansu était organisée par le Centre conjoint sino-africain pour la démonstration et la formation des échanges de technologies agricoles en régions arides. Il s’agit d’une initiative répondant à l’appel du Président chinois Xi Jinping en faveur d’une coopération renforcée entre la Chine et l’Afrique. L’objectif principal de ces quatre jours était de présenter aux étudiants nationaux et internationaux les pratiques avancées de gestion de l’eau, les technologies agricoles innovantes et l’identité culturelle de cette région désertique. 

Bien plus qu’une simple visite académique, mon bref séjour dans cette zone reculée du nord-ouest de la Chine a été une véritable révélation sur la manière dont la science, la planification étatique et la mobilisation populaire peuvent transformer des régions arides en espaces productifs et durables. 

Dans cette région désertique, j’ai découvert des systèmes d’irrigation de précision, capables de maintenir les cultures dans des conditions de stress hydrique. Une présentation a également porté sur l’intégration harmonieuse d’engrais organiques et inorganiques, visant à optimiser à la fois la fertilité des sols et les rendements agricoles. Ces pratiques inspirantes pourraient être appliquées dans le nord du Burkina Faso, mon pays natal, où les précipitations sont irrégulières et faibles, environ 400 mm par an. La construction de petits barrages de rétention, le recours à l’irrigation localisée et l’adoption de pratiques de fertilisation durable pourraient transformer le quotidien de milliers d’agriculteurs et renforcer leur résilience au changement climatique. 

  

Efforts collectifs 

Dans le district de Minqin, j’ai été fascinée par les efforts communautaires de reboisement. Grâce à l’engagement collectif et à l’utilisation d’espèces adaptées à la sécheresse, le couvert végétal a augmenté de plus de 12 %. Ce succès illustre la force d’un peuple uni autour d’un objectif commun, à savoir la restauration de son environnement. Cela m’a immédiatement rappelé les ambitions du Président burkinabè Ibrahim Traoré, qui met particulièrement l’accent sur la souveraineté environnementale, la promotion de l’agriculture et le reboisement communautaire. Tout comme la Chine, le Burkina Faso dispose du potentiel humain et de la détermination nécessaires pour inverser la tendance à la dégradation des sols. 

La sécheresse est l’un des défis les plus urgents auxquels l’Afrique de l’Ouest est confrontée aujourd’hui. Sa fréquence et son intensité augmentent en raison des effets combinés du changement climatique, de la dégradation des sols et de la croissance démographique rapide. Les conséquences sont dramatiques : appauvrissement des sols, effondrement des rendements, affaiblissement des moyens de subsistance, migrations et instabilité sociale. Selon la Banque mondiale, la fréquence des sécheresses extrêmes a bondi de 23 % en quelques décennies, et lorsqu’un tel événement se produit, le PIB par habitant peut chuter d’un point. 

C’est pour répondre à ce besoin urgent que le Forum de haut niveau sur la lutte contre la sécheresse en Afrique de l’Ouest, intitulé « Défier la sécheresse », a été lancé à Ouagadougou, au Burkina Faso, fin septembre 2025. Co-organisé par le Groupe de la Banque mondiale, le gouvernement burkinabè et l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement, cet événement a réuni des centaines de participants. Cette initiative incarne la volonté de mettre en place une réponse collective et coordonnée à un fléau qui transcende les frontières. S’inspirer des expériences chinoises sur le terrain pourrait clairement être une plus-value tangible. 

La modernisation agricole de la Chine m’a également marquée, en particulier les vastes zones de culture sous serre soutenues par l’État. Celles-ci permettent une production tout au long de l’année et assurent aux agriculteurs des revenus stables. Envisager un tel modèle adapté au Sahel burkinabè ouvre des perspectives prometteuses : des serres à petite échelle, associées à l’irrigation goutte à goutte et au compost local, pourraient révolutionner notre production maraîchère et vivrière, favorisant ainsi l’autonomie alimentaire. 

 

Mémorial du district de Minqin dédié à la prévention et au contrôle de la désertification. (COURTOISIE) 

  

Engagement communautaire 

Au-delà des technologies, c’est l’esprit communautaire qui anime les populations locales du Gansu qui m’a le plus touchée. Des chercheurs aux jeunes bénévoles, tous partagent le même engagement envers leur terre et leur avenir. J’ai découvert une Chine où science et solidarité vont de pair. Cette approche fait écho à la vision de transformation du Burkina Faso sous la conduite du Président Traoré, qui prône la participation populaire, la formation des jeunes aux métiers agricoles et la relance d’un patriotisme productif. 

Ce voyage m’a confirmé que l’agriculture durable ne repose pas uniquement sur les technologies, mais sur une combinaison de volonté politique, de discipline sociale et de respect de la nature. Le Burkina Faso peut s’inspirer du modèle chinois tout en préservant son identité et son savoir-faire. 

En combinant la rigueur observée en Chine avec la vitalité et la solidarité du peuple burkinabè, notre pays pourra tracer sa propre voie vers la souveraineté alimentaire, la dignité rurale et la prospérité collective. 

  

L’auteure est étudiante burkinabè en master à l’Université d’agriculture de Chine. 

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