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  2018-04-02
 

Les bienfaits de l'élevage vert

par Ge Lijun | vol. 10 / Avril 2018  ·   2018-04-02
Mots-clés: Coopération agricole

Peng Yansen (premier à gauche) donne une formation sur la fabrication des fourrages.

 

Toyamara Da Vera Cruz est toujours très attentive aux instructions de Peng Yansen, un expert chinois en élevage chargé de lui apprendre à produire des fourrages de façon organique. Toyamara, qui travaille dans la Direction de l'élevage de Sao Tomé-et-Principe, est elle-même issue d'une famille d'éleveurs.

« Je suis très intéressée par la technique que les experts chinois souhaitent introduire ici et je l'utilise déjà sur ma ferme familiale. Notre bétail croît mieux lorsque nourri avec ces fourrages plus nutritifs », a dit l'ingénieure en élevage à Peng.

Peng est arrivé à Sao Tomé-et-Principe le 5 mai 2017, en tant que membre d'un groupe d'experts agricoles chinois venus aider le pays à développer son agriculture pour une durée d'un an. Ce projet de coopération agricole a été mis en place à la demande du pays suite au rétablissement de ses relations diplomatiques avec la Chine, le 26 décembre 2016.

Peng est originaire du district Rong, dans la région autonome zhuang du Guangxi (sud). Depuis 2016, le district Rong fait partie des premiers districts de démonstration de « l'élevage vert », une méthode d'élevage biologique caractérisé par l'utilisation de fourrages et d'engrais organiques. En tant que chercheur à la Direction locale de l'élevage, de l'aquaculture et du contrôle vétérinaire, Peng est à la recherche des meilleures méthodes pour systématiser l'utilisation de « l'élevage vert ». C'est la raison pour laquelle il a été choisi comme membre du groupe d'experts agricoles chinois à San Tomé-et-Principe.

« Nous voulons reproduire nos expériences de réussites à Sao Tomé-et-Principe. Nous avons fait plusieurs détours lors du développement de l'élevage en Chine, et nous ne voulons pas répéter les mêmes erreurs ici », a dit Peng à CHINAFRIQUE.

 

Peng Yansen fait une démonstration sur le traitement des herbes fourragères.

 

L'écosystème l'emporte

L'élevage est étroitement lié à l'agriculture. Après son arrivée, Peng constate que le pays doit mieux développer son agriculture biologique. En effet, en tant qu'archipel, l'écosystème de Sao Tomé-et-Principe est très fragile. Il est donc impossible d'utiliser des engrais chimiques pour l'agriculture. L'île de Principe a d'ailleurs totalement interdit l'utilisation de pesticides et assure la protection de l'environnement avec l'aide de l'ONU. « Notre coopération dans le domaine de l'élevage devait donc s'adapter aux besoins et aux conditions locales », explique Peng. La culture des fourrages, ajoute-t-il, doit tirer parti des ressources locales comme le taro, le maïs, le soja, l'herbe fourragère, etc.

Le développement de l'élevage va de pair avec la protection de l'environnement. Peng utilise d'ailleurs les mêmes méthodes qu'il applique dans son district natif. « Il s'agit d'un élevage naturel et écologique. Les plantes des fourrages sont cultivées sans avoir recours aux pesticides et aux engrais chimiques. L'engrais utilisé provient des fumiers fermentés. Bien sûr, cette façon ne permet qu'une faible production, mais les habitants locaux l'acceptent, parce qu'ils sont conscients de l'importance de protéger l'environnement », dit-il.

De plus, aux yeux de Peng, il n'est pas convenable de développer l'élevage à grande échelle. D'une part, l'industrie locale et la chaîne industrielle sont sous-développées. D'autre part, la température sur les îles est élevée et le climat est humide, ce qui nuit à la conservation des fourrages. « Le fourrage est susceptible de moisir rapidement. Le coût de production est donc très élevé », ajoute-t-il.

Par conséquent, réaliser une production locale à l'aide des ressources agricoles très riches des îles est un choix plus adéquat. Suite à l'indépendance du pays il y a 43 ans, des expériences ont d'ailleurs été tentées dans ce domaine. Mais ces projets ont finalement échoué, notamment à cause du manque de débouchés et de l'absence de soutien gouvernemental. L'introduction de nouvelles techniques représente donc une avenue de développement plus pratique et réaliste.

Mme. Cruz maîtrise maintenant toute une série de techniques liées à l'élevage vert : la culture des fourrages organiques, le traitement et la conservation des fourrages, la fabrication de paquets nutritionnels, en particulier, le fourrage à base de crabes, qui sont si nombreux sur les îles. De cette manière, elle répond entièrement aux besoins de sa ferme, ce qui signifie qu'elle n'a plus besoin d'acheter des fourrages. Visiblement contente, elle ne ménage aucun effort pour populariser les techniques auprès des autres éleveurs.

 

Traiter le fumier de cochon pour cultiver les légumes.

 

Une démarche reconnue

En réalité, l'implantation de ces nouvelles techniques en terre étrangère ne semblait pas optimiste au départ. S'inspirant du principe selon lequel il vaut mieux apprendre aux gens à pêcher que de leur donner du poisson, Peng a toutefois rencontré des résistances venant des habitants ordinaires aussi bien que des responsables locaux. Avec le soutien du gouvernement, il donne des cours de formation aux grands éleveurs et coopératives. Ces premiers « apprentis » agissent comme des « graines » dans leur milieu, et vont à leur tour former d'autres éleveurs. Il se rend également chez des éleveurs pour y faire des démonstrations, avec des résultats évidents.

« Fréquenter les éleveurs dans les villages est devenu monnaie courante pour moi. Selon les différentes régions, j'ajuste mes méthodes. Par exemple, dans une région où l'on cultive plus de taros, je mets plus de taros dans les ingrédients des fourrages », dit-il. Jusqu'à maintenant, il a formé plus de 200 personnes et réalisé plus de 50 démonstrations. La Direction de l'élevage de Sao Tomé-et-Principe participe aussi à la popularisation de l'élevage vert dans le pays. Selon elle, ces techniques pourraient réaliser une réduction de 80 % des importations de fourrages et une augmentation d'environ 50 000 tonnes des fourrages chaque année pour le pays, soit 20 fois plus que le volume importé chaque année. Le bétail nourri avec de tels fourrages pourrait engraisser de plus de 20 % par rapport à leur poids moyen actuel. Des habitants de l'île Principe qui ont entendu parler de cette technique sont même venus à Sao Tomé pour étudier auprès de Peng, dont Eduardo Male, directeur adjoint de l'association de l'élevage de Principe. Constatant que la serre aide à sécher les fourrages plus rapidement tout en les empêchant de moisir, il s'empresse de populariser cette technique parmi les membres de son association. Prenant conscience de la grande demande des habitants de l'île Principe, Peng décide également de donner des cours via internet dans ses temps libres.

« La production locale du fourrage est adaptée à la stratégie du développement agricole de Sao Tomé-et-Principe et l'élevage vert va donner une nouvelle impulsion au développement agricole local », conclut Peng.

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