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  2018-01-16
 

La serriculture, un domaine mûr pour la coopération

par Li Xiaoyu | vol. 10 / Janvier 2018  ·   2018-01-16
Mots-clés: coopération agricole

Ces deux dernières années, la cuisine de la petite ville d'Agarfa, au sud de l'Éthiopie, a connu un délicieux changement. Les tomates, auparavant hors de prix, sont désormais devenues un ingrédient omniprésent dans le régime alimentaire des habitants locaux.

Le secret réside dans l'introduction de la culture de tomates sous serre. Ayele Abduikadir, un technicien agricole qui expérimente depuis deux années avec cette nouvelle technique, la décrit comme « un rêve devenu réalité ». En moins d'un an, il a pu récupérer son investissement de départ de 1 200 birrs (44 dollars) et a commencé à en dégager des bénéfices dès novembre 2016. Aujourd'hui, il est l'heureux propriétaire non seulement d'une moto, mais aussi d'une nouvelle maison.

Bien que la culture sous serre n'ait rien d'une découverte récente, c'est pourtant la première fois qu'elle fait son apparition à Agarfa. À l'origine de cette petite révolution se trouve Wang Li, un agronome chinois de 43 ans. En tant qu'enseignant à l'Université d'Agarfa pour la formation technique et professionnelle à l'agriculture depuis novembre 2015, le secteur agricole éthiopien est tout naturellement devenu le centre d'intérêt principal des travaux de M. Wang.

Tirer avantage des facteurs locaux 

L'une des caractéristiques majeures d'Agarfa réside dans la grande différence entre la température du jour et de la nuit, qui s'élève parfois jusqu'à plus de dix degrés. De telles conditions climatiques limitent le développement des cultures peu résistantes aux basses températures, mais qui sont pourtant susceptibles de générer de bonnes retombées économiques, comme les tomates.

Très prisées par la population locale, la plupart des tomates vendues sur le marché local proviennent généralement d'autres régions du pays. Entre décembre et mai, la rareté peut même faire grimper le prix d'une tomate de petite taille jusqu'à 0,3 dollar.

Face à de tels constats, l'Université d'Agarfa a demandé à l'expert chinois de se pencher sur ce problème. Celui-ci, raconte-t-il, a immédiatement pensé à introduire de nouvelles techniques, notamment la technologie de culture sous serre. En effet, dans les serres, la température et l'humidité peuvent être contrôlées, ce qui permet aux agriculteurs de récolter en toutes saisons, augmentant le rendement. Par ailleurs, cette technologie permet aussi de protéger les plantes contre les maladies, garantissant ainsi une plus grande productivité par rapport à la culture au champ.

Cela explique d'ailleurs pourquoi la culture sous serre a déjà pris racine dans plusieurs pays africains, dont le Rwanda, dit M. Wang. Le gouvernement rwandais a intégré la promotion de cette technologie dans son 4 Plan stratégique pour la transformation de l'agriculture (2018-2023). Dès lors, l'un des principaux objectifs consistera à générer davantage de cultures de grande valeur. Quant à l'Éthiopie, si la technologie est déjà mise en œuvre dans la floriculture à Addis-Abeba, elle restait jusqu'à récemment inconnue à Agarfa.

Un effort d'adaptation 

« Introduire une nouvelle technologie dans un pays lointain et inconnu n'est jamais une chose évidente. Il faut savoir l'adapter aux conditions spécifiques locales », indique M. Wang. Sélectionner les espèces à cultiver a d'ailleurs été l'une des premières tâches de l'expert. Dans l'objectif de varier le panier des résidents d'Agarfa, il choisit de planter des tomates, des melons, des haricots verts et des concombres. Ces légumes ont en commun le fait d'être en forte demande et de coûter cher localement.

Pour que la technologie reste la plus abordable et accessible possible pour les petits exploitants, l'agronome utilise un matériel local – le bambou – pour l'encadrement des serres, à la place des tubes d'acier, qui sont plus onéreux et difficiles à trouver. Mais le plus grand défi réside cependant dans l'absence de documents de référence pour la culture sous serre dans cette région. Ainsi, il doit observer et noter la température et l'humidité dans la serre quotidiennement. Avec beaucoup de patience et de travail, il parvient, au bout de deux ans, à rédiger des manuels sur la culture de tomates et de concombres sous serre adaptée aux conditions du plateau de Sanetti, où se trouve Agarfa. En février 2016, les serres donnent à l'expert une première récolte.

Une expérience mutuellement bénéfique 

Cette expérience réussie n'a pas tardé à faire des émules. Des techniciens à l'instar d'Ayele, et certains petits exploitants ont été parmi les premiers à adopter cette technologie. Une enquête conduite auprès de trois planteurs, qui disposent aujourd'hui chacun d'une serre de 100 à 200 m, révèle que leur revenu annuel moyen est passé de 6 000 à 18 000 birrs (autour de 222 à 666 dollars). Convaincus de l'efficacité de la technique, de grands exploitants comme Asfa Biru Gurmu de la ferme Highland Shine ont aussi cherché à concevoir des projets de culture sous serre. Son ambition est d'exploiter 100 hectares de serres de tomates et 50 hectares de serres de fraises d'ici un an.

La technologie introduite par M. Wang a également fait des adeptes parmi les instances gouvernementales. Le ministre éthiopien de l'Agriculture et des Ressources naturelles Dr. Eyasu Abraha estime que la culture sous serre est porteuse d'un potentiel immense pour l'agriculture du pays. Quant au doyen de l'Université d'Agarfa, M. Tamirat Tesema Senbeta, il a insisté pour intégrer la culture sous serre dans la liste des techniques que tous les étudiants se devaient de maîtriser.

Si l'efficacité du programme séduit les exploitants, l'expert, lui aussi, en tire profit. « Grâce à mes dix ans d'expérience au Nigéria, au Sénégal et en Éthiopie, j'ai pu comprendre les situations agricoles de ces différents pays, et élargir mes connaissances sur diverses cultures, affirme M. Wang. Mon expérience en Afrique est source d'une grande richesse spirituelle pour moi, et m'a ouvert une nouvelle voie pour ma future carrière. »

Pour vos commentaires : lixiaoyu@chinafrica.cn

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