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  2019-02-15
 

Sénégal : un joyau pour la lutte

par Éric Vincent Fomo  ·   2019-02-15
Mots-clés: Arène nationale de Pikine; Sénégal; Chine


L’Arène nationale de Pikine.

Le duel devant consacrer le vainqueur de lutte sénégalaise de cette décennie, initialement prévu le 13 janvier à l'Arène nationale de Pikine, s'est finalement déroulé au stade Léopold Sédar Senghor de Dakar. Ce changement visait à permettre aux spectateurs devant effectuer le déplacement pour observer l'opposition entre Balla Gaye 2 et Modou Lô, d'être plus nombreux et tous en sécurité, selon Gaston Mbengue, le promoteur de ce combat.

Il a fallu beaucoup de diplomatie pour que ce changement de lieu soit approuvé. « Vivre l'opposition entre 'le Lion de Guédiawaye' et 'le Rock des Parcelles Assainies', au sein de la toute nouvelle arène de lutte devait être un sacre magique », a reconnu, l'air mélancolique, un membre du Comité national de gestion de la lutte (CNG) du Sénégal. Mais ce n'est que partie remise.

Le stade Léopold Sédar Senghor de Dakar, doté d'une capacité de 60 000 places, a une expérience rodée d'accueil des grandes compétitions. Bâti par les techniciens chinois dans les années 1980, cet ouvrage va ainsi vivre un dernier grand spectacle avant d'être fermé pour être réfectionné.

Pour alléger les multiples sollicitations du stade Léopold Sédar Senghor, le Sénégal s'est doté d'une arène de lutte. Un équilibrage pour ce pays où la lutte et le football se disputent le titre de « sport roi ». Cette arène nationale de lutte est basée à Pikine, seconde ville la plus peuplée du Sénégal après Dakar. En attendant que l'ensemble de son personnel exécutif soit déployé et son statut bien cadré, l'arène nationale fait déjà voir de quoi elle est capable.

Pour clore la saison dernière, cette infrastructure a accueilli des combats ayant sacré le début du règne d'Eumeu Sène, vainqueur de Serigne Ousmane Dia alias « Bombardier », le champion en titre. D'autres grands lutteurs sénégalais s'y sont produits devant un public admiratif des lieux. Cette arène aujourd'hui opérationnelle est la concrétisation d'une vieille doléance des professionnels de la lutte au Sénégal, contraints autrefois d'organiser leurs compétitions dans des stades de football.

Pourtant, les combats de lutte avec frappe au Sénégal, populaires au point de devenir le sport roi, méritaient leurs propres infrastructures. Des sponsors de lutteurs et chaînes de télévision habitués à retransmettre les combats de lutte se disputent pour obtenir les beaux rôles et positions dans cette nouvelle arène de Pikine. Un plaisir que n'ont pas connu Yahya Diop alias « Yekini », Mohamed Ndao alias « Tyson » et bien d'autres générations de lutteurs qui ont fait vibrer le public sénégalais.

La lutte sénégalaise a aussi gagné en notoriété, en professionnalisme et en popularité internationale avec l'engagement des nouveaux lutteurs venus d'horizons divers. L'Espagnol Juan Espino alias le « Lion blanc », ancien champion d'Europe de grappling, le Français Fabrice Allouche alias le « Sorcier blanc », et Aurélien Duarte, anciens champions de boxe pieds-poings des années 1990, ainsi que l'ancien catcheur américain Bob Sapp, sont devenus des lutteurs. Tous ces sportifs qui ont fait leur notoriété dans d'autres compétitions rehaussent la popularité de la lutte sénégalaise. Retransmis en direct à la télévision, les combats mobilisent des milliers des spectateurs et de nombreux sponsors. Ces derniers contribuent, notamment, à la prise en charge des frais d'organisation et au paiement aux lutteurs de cachets atteignant, parfois, plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Un stade versatile

Vue de loin, l'Arène nationale de Pikine a une architecture en forme de nid d'oiseau qui rappelle le Stade national de Beijing. De plus près se dresse au regard un complexe multisport avec à proximité des aires de jeu où peuvent se mouvoir des jeunes, des sportifs amateurs et d'autres. Cette arène est aussi dotée d'un imposant centre d'hébergement, une salle de musculation, des vestiaires et deux parkings. Un parking interne d'une capacité de 450 places, et l'autre externe avec 1 000 places disponibles.

Les tribunes sont construites à l'anglaise et permettent de créer une communion entre le public et les sportifs, notamment les lutteurs. L'espace de lutte encerclé par du sable est mobile. Par un dispositif mécanique, il est modulable et peut devenir une aire de jeu pouvant accueillir d'autres disciplines telles que la boxe, les arts martiaux, l'escrime, l'haltérophilie et la gymnastique. Toute l'infrastructure est connectée. C'est un ouvrage bâti sur une superficie de 18 000 m².

C'est une filiale du groupe chinois Hunan Construction Engineering Group (HNCEG) qui a réalisé les travaux. L'entreprise a, pendant les 28 mois qu'ont duré les travaux, utilisé plus d'un millier de techniciens locaux. Le projet de cette arène nationale de lutte a également offert une formation à ses employés locaux. Selon le groupe HNCEG, près de 3 000 employés sénégalais ont acquis les rudiments nécessaires à la maintenance future de l'infrastructure. C'est le premier volet pérenne de l'emploi qui va être préservé sur ces lieux.

Coopération bilatérale en marche

C'est le 22 juillet 2018, lors de la visite du Président chinois Xi Jinping au Sénégal, que cette arène a été inaugurée. Le moment fort a été la remise symbolique des clefs de l'ouvrage à Macky Sall, le Président sénégalais, par son homologue chinois.

Sous le regard admiratif de ces autorités et d'un public fort diversifié, l'Arène nationale de lutte de Pikine a abrité une chorégraphie de lutteurs, symbolisant l'amitié profonde entre ces deux États. Les combats sous diverses formes sont des spectacles attrayants, imprégnés dans la culture et la tradition de deux peuples.

Cette nouvelle infrastructure qui va abriter les oppositions entre les jeunes générations de lutteurs sénégalais, des compétitions internationales de lutte et pourquoi pas d'autres disciplines, est un bijou financé par la Chine pour un montant de 32 milliards de francs CFA (57,6 millions de dollars). Il renforce les bienfaits de cette coopération bilatérale en attendant les débuts dans les prochains jours de la réfection, toujours par la Chine, du stade Léopold Sédar Senghor et de plusieurs autres infrastructures sportives. Une convention pour un financement de 40 milliards de francs CFA (72 millions de dollars) a récemment été signée à cet effet.

Le Sénégal et la Chine ne cessent de renforcer leurs liens économiques et commerciaux depuis le rétablissement de leurs relations diplomatiques en 2005. Avant l'inauguration de l'Arène nationale de Pikine, les deux dirigeants sénégalais et chinois avaient signé, le samedi 21 juillet 2018, dix accords dans des domaines concernant notamment la justice, la coopération économique et technique, les infrastructures, la valorisation du capital humain et l'aviation civile.

Le partenariat entre la Chine et le Sénégal a produit un volume d'échanges de deux milliards de dollars en 2016 incluant des projets d'infrastructure, selon des chiffres officiels sénégalais. En matière d'échanges commerciaux, la Chine est le deuxième fournisseur du Sénégal avec des importations passées de 227 milliards de francs CFA (plus de 408 millions de dollars) en 2013 à 367 milliards de francs CFA (plus de 660 millions de dollars) en 2017. 

 

Reportage du Cameroun

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