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  2019-04-11
 

Nouvelle énergie, nouvelle vie

par Li Jing  ·   2019-04-11
Mots-clés: Huang Jian; biogaz; coopération agricole; Sao Tomé-et-Principe; Chine
Photo de groupe d'une des formations organisées par la mission chinoise à Sao Tomé-et-Principe. (COURTOISIE)

Huang Jian tourne doucement le commutateur. Aussitôt, une longue flamme bleue jaillit du réchaud dans la cuisine d'Adalio Rio. Ce dernier est visiblement ravi. « Merci au gouvernement et aux experts chinois pour leur aide. Je suis si touché ! », sourit-il.

Huang Jian est l'un des experts agricoles chinois envoyés par le ministère de l'Agriculture et des Affaires rurales à Sao Tomé-et-Principe. Ce jour-là, le 7 novembre 2018, il inaugurait l'une des principales réalisations de leur mission sur l'archipel : la mise en service officielle du premier réservoir de biogaz construit dans la communauté de Mesquita, district de Lobata.

Huang Jian est agronome senior au Centre de promotion des technologies agricoles du district de Wangcang, dans la province chinoise du Sichuan (sud-ouest de la Chine). En tant que tel, il est expert en planification énergétique rurale et en démonstration des technologies connexes.

En 2016, il se rend pour la première fois en Afrique, dans le cadre d'un projet de coopération agricole Sud-Sud entre la Chine et l'Ouganda organisé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, où il applique ses connaissances pour améliorer la vie de la population locale. Il a la piqûre : dès son retour en Chine en 2018, il se porte volontaire pour le deuxième groupe d'experts agricoles de la mission chinoise à Sao Tomé-et-Principe. En avril, il pose les pieds sur l'archipel avec cinq autres experts et deux traducteurs pour une durée de deux ans.

De déchets à trésor

Sur place, Huang Jian constate que l'énergie est extrêmement rare en raison du manque de capacité à exploiter le pétrole, le gaz naturel et le charbon. Les habitants utilisent principalement du bois, ce qui n'est ni efficace, ni écologique. Résultat : le fumier ne peut être traité à temps de manière efficace. En tant qu'expert en énergie dans les zones rurales, Huang Jian estime que le moyen le plus écologique et rapide de résoudre ce problème consiste à construire des réservoirs de biogaz.

Le biogaz, une source d'énergie renouvelable, est un gaz combustible produit par la fermentation de microorganismes dans le fumier en l'absence d'oxygène. Ce gaz peut ensuite être utilisé pour produire de l'énergie, alors que les résidus de la production peuvent être utilisés comme engrais pour les cultures.

« La construction de réservoirs de biogaz est une solution efficace pour améliorer la qualité de vie de la population locale. Cela permet non seulement d'améliorer l'environnement sanitaire, mais aussi de fournir quotidiennement de l'énergie aux habitants », explique Huang Jian à CHINAFRIQUE.

Il se lance aussitôt dans les travaux de préparation, mais des difficultés ne tardent pas à apparaître.

Huang Jian est d'abord confronté au problème de la sélection des sites. Afin de garantir une production de biogaz suffisante, il faut construire des réservoirs près des élevages à grande échelle. Selon lui, il faut au moins dix cochons de 50 kg pour alimenter un réservoir de biogaz de huit mètres cubes. C'est au-delà de ce que la plupart des agriculteurs locaux peuvent se permettre. Il décide alors d'introduire sur l'île un réchaud économe en carburant fabriqué en Chine pour aider ceux qui ne disposent pas des conditions nécessaires pour le biogaz.

« Ce type de réchaud permet d'économiser plus de 80 % du bois de chauffage par rapport aux réchauds ordinaires. Grâce à une combustion complète du bois, il réduit les émissions de dioxyde de carbone et de fumée et améliore l'environnement sanitaire », précise Huang Jian.

Le coût élevé des matériaux locaux pose aussi problème, notamment pour le ciment, la pierre et le sable. Afin de garantir la qualité des matériaux, il doit visiter souvent le marché, la briqueterie et l'usine de grès pour connaître l'évolution des prix et vérifier la qualité.

Avant l'arrivée de Huang Jian, le premier groupe d'experts agricoles chinois avait réussi à construire trois réservoirs de biogaz, une première à Sao Tomé-et-Principe qui n'en possédait aucun. Cette nouveauté signifie aussi que l'île vit une pénurie de techniciens et d'ouvriers qualifiés en la matière. Huang Jian s'affaire donc à élaborer des plans techniques et du matériel de formation destinés aux ouvriers locaux.

« Je leur montre d'abord chaque étape de construction, et les ouvriers suivent ensuite le plan technique. Si la construction ne répond pas aux exigences, il faut retravailler pour satisfaire pleinement aux normes techniques », explique-t-il à CHINAFRIQUE. Dix mois après son arrivée, Huang Jian termine la construction de trois nouveaux réservoirs de biogaz, au grand bonheur des villageois.

« Le fumier de bétail est scellé et fermenté pour produire du biogaz qui est utilisé pour cuire des aliments, en plus d'économiser du bois de chauffage et de réduire la déforestation. Cette technologie est très utile pour notre pays », se réjouit Mário Alves De Carvalhodos Santo, un des ouvriers locaux.

Huang Jian et des ouvriers locaux en train de construire un réservoir. (COURTOISIE)

Réchauffer les cœurs

Selon Huang Jian, l'utilisation du biogaz va réduire considérablement le fardeau financier des agriculteurs. En effet, un seul réservoir de biogaz de six à dix mètres cubes suffit à répondre au besoin quotidien en énergie de cinq à dix personnes. Cela équivaut à la production d'une superficie d'environ 2 000 mètres carrés de bois de chauffage.

De plus, comme le fumier est scellé, il ne pourra plus devenir un nid de maladies, ce qui améliorera directement l'environnement sanitaire du pays. En outre, les résidus font d'excellents engrais organiques pour améliorer le rendement agricole tout en réduisant l'utilisation des engrais et des pesticides chimiques.

Huang Jian explique que si la gestion et l'entretien quotidiens sont conformes aux exigences techniques, un réservoir de biogaz peut être utilisé pendant plus de 20 ans. « En enseignant aux résidents locaux la technologie de construction et d'entretien des réservoirs de biogaz, nous ferons en sorte que ceux-ci leur permettent de parvenir à un développement durable », avance-t-il.

Dans ce but, il décide de remplacer les moules d'acier importés de Chine par de la brique de ciment locale comme principal matériau de construction des réservoirs. Cela permettra aussi d'ajuster la taille des réservoirs en fonction du nombre d'animaux et de membres d'une famille.

À l'heure actuelle, Huang Jian donne des sessions de formation sur la sélection du site, les techniques de construction, la gestion quotidienne ainsi que les avantages et les spécifications du biogaz et des nouveaux réchauds. Jusqu'à maintenant, plus de 100 apprenants y ont participé, y compris des fonctionnaires, des ouvriers et des agriculteurs.

« Après avoir suivi ces formations, je sais maintenant construire des réservoirs de biogaz non seulement en moule, mais aussi en brique de ciment. Tout ça grâce aux experts chinois ! », assure M. Santo.

Pour vos commentaires : lijing@chinafrica.cn

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