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  2020-05-09
 

L'Afrique se prépare

par Gitonga Njeru  ·   2020-05-09
Mots-clés: Kenya; centre de recherche; maladies infectieuses

Le Kenya s’apprête à mettre en place un centre de recherche sur les maladies infectieuses à la pointe de la technologie qui servira à l’ensemble du continent

Le secrétaire du Cabinet kényan de la santé, Mutahi Kagwe, annonce la confrmation du premier cas de COVID-19 au pays, le 13 mars.

Boris Kimani Njoroge, 40 ans, est sain et sauf. Il a passé plusieurs semaines en quarantaine après son retour au Kenya, après avoir séjourné dans plusieurs pays touchés. L’agriculteur et père de deux enfants, faisait partie des 600 000 voyageurs qui ont dû passer par un contrôle et une quarantaine obligatoire dans les principaux aéroports internationaux du Kenya entre fin janvier et le 1er avril, selon le ministère du Tourisme et de la Faune sauvage.

« J’ai été testé négatif et cela m’a vraiment rendu heureux. Le ministère de la Santé m’a permis de rentrer chez moi après quelques semaines de quarantaine et deux tests », explique Njoroge.

À ce titre, la capacité du pays à tester des gens va être grandement améliorée à l’avenir.

La Chine a récemment financé, à hauteur de 80,3 millions de dollars, la construction d’un centre de recherche de 21 étages sur les maladies infectieuses, à l’instar du COVID-19, de la tuberculose, du VIH, du paludisme et des maladies sexuellement transmissibles. L’installation et l’équipement sont entièrement pris en charge par la Chine. La construction devrait commencer à la fin du mois d’avril sur un terrain d’un demi-hectare, en périphérie de Nairobi.

Recherche ciblée

La construction de ce centre, ainsi que son emplacement, ont été décidés par les membres de l’Union africaine (UA), et sur les conseils de l’OMS. En effet, le Kenya accueille déjà les sièges régionaux des Nations unies et d’autres organisations humanitaires.

« La Chine a donné 80,3 millions de dollars pour construire le centre. Il fera également partie des Centres africains de prévention et de contrôle des maladies (CDC africains) et desservira l’ensemble du continent. Il s’agit d’une percée importante qui fera date dans la recherche sur les médicaments et les vaccins contre certaines des maladies qui affectent l’humanité », a déclaré Mutahi Kagwe, secrétaire du Cabinet kenyan de la santé. Par ailleurs, M. Kagwe a indiqué que la décision des États africains de lancer le centre de recherche intervient à un moment où la pandémie a un impact sur le monde entier.

« Une unité spéciale de recherche sur les principales maladies infectieuses sera mise en place une fois l’installation terminée et sera composée de scientifiques kenyans et chinois », a encore déclaré M. Kagwe.

Selon Patrick Amoth, directeur général par intérim du ministère de la Santé, l’établissement, qui devrait être achevé d’ici août 2021, sera utilisé pour lutter contre les futures épidémies.

« L’une des raisons pour lesquelles nous construisons ce centre est d’être capables de prévenir de futures épidémies, comme celle que nous connaissons actuellement », selon M. Amoth. La structure à la pointe de la technologie, disposera également de mécanismes de surveillance et de suivi et de nombreuses recherches devraient être menées sur de nouveaux médicaments et de futurs vaccins. M. Amoth a expliqué que le COVID-19 avait pris le monde par surprise et que l’Afrique devait être mieux préparée, ajoutant que l’installation serait la seule du genre sur le continent.

« Le Kenya fait partie d’un partenariat avec l’OMS consistant à effectuer des recherches sur la chloroquine antipaludique et son effet sur le coronavirus. Il s’agit donc d’un plus pour nous, en tant que pays. La plupart des programmes de recherche sur les maladies infectieuses sur le continent seront situés dans ce centre », a déclaré M. Amoth, qui ajoute que des recherches approfondies sur la grippe, la rage, la pneumonie et un certain nombre d’autres maladies négligées, seront également effectuées.

Par ailleurs, l’établissement permettra la création de 15 000 emplois directs et indirects, non seulement au Kenya, mais aussi à travers le continent.

« Cela arrive à un moment où le continent a réellement besoin de personnels de santé et où le Kenya en embauchera plusieurs milliers dans les prochains jours », analyse Naomi Rono, spécialiste en politique et économie au sein du Groupe de la Banque mondiale.

Le Kenya a récemment annoncé qu’il était en train d’embaucher plus de 6 000 agents de santé pour lutter contre le coronavirus, principalement des médecins, des infirmières et des agents cliniques.

Mieux préparé

Le Kenya distribuera des kits de dépistage du COVID-19 fabriqués localement dans les prochaines semaines, et prépare des essais de vaccins et de médicaments contre la maladie.

Les kits seront fabriqués et distribués par l’Institut de recherche médicale du Kenya, le principal organisme de recherche scientifique du pays.

« Il s’agit du type d’équipement que nous pourrons produire (à l’avenir) en grand nombre, une fois que le centre de recherche sera achevé. Il est important de pouvoir produire nos propres fournitures, pour faire face aux futures épidémies », détaille M. Amoth.

Bien que la Chine finance l’ensemble du processus initial de construction, les projets futurs, comme la fabrication d’équipement médical, seront entièrement kenyans une fois que le centre sera nationalisé par le gouvernement kenyan.

Le virologue kenyan Omu Anzala pense que l’établissement sera en mesure de rivaliser avec des organismes comme l’Institut national de la santé américain, le George Institute for Global Health au Royaume-Uni et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale français.

Les principaux acteurs du futur centre seront l’UA, des CDC africains et le gouvernement chinois. L’économie kenyane devrait se contracter à une croissance de seulement 3,6 % contre une prévision initiale de 6 % plus tôt cette année, en raison de la pandémie de COVID-19, selon la Banque mondiale.

Le pays reste la sixième économie d’Afrique, mais l’ensemble de l’économie mondiale se dirige lentement vers une récession cette année. L’OMS prévoit que la pandémie devrait s’intensifier en Afrique dans les semaines à venir et a demandé aux gouvernements du continent de se préparer au pire.

(Reportage du Kenya)

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