| 2026-02-04 |
Une préparation efficace |
| VOL. 18 / FÉVRIER 2026 par PROBLEM MASAU · 2026-02-04 |
| Mots-clés: les opportunités commerciales en Chine ; Zimbabwe |
L’initiative d’une institution financière du Zimbabwe contribue à faciliter les opportunités commerciales en Chine pour les entreprises locales

Une exposante zimbabwéenne sur son stand d’artisanat lors de la 8e édition de l’Exposition internationale des importations de Chine à Shanghai, le 7 novembre 2025. (HU FAN)
Stanbic Bank Zimbabwe se positionne comme un acteur clé pour les entreprises zimbabwéennes souhaitant s’orienter vers le marché chinois.
Cette initiative s’appuie sur les partenariats uniques et l’expertise de la banque pour accompagner les entreprises zimbabwéennes dans les méandres de l’import-export avec la Chine et renforcer les liens économiques entre les deux pays.
Préparer les exportateurs
Selon Tapuwa Nyika, responsable du commerce et des opérations bancaires sino-africaines chez Stanbic Bank Zimbabwe, le rôle de la banque est de préparer activement les entreprises locales. « Notre priorité est de garantir qu’elles soient prêtes à exporter et puissent accéder de manière compétitive au marché chinois », renchérit-il.
La vision de la banque va au-delà des exportations. « Nous assistons aussi les entreprises zimbabwéennes à importer de Chine des biens essentiels (matières premières, machines, etc.), ce qui est crucial pour améliorer leur efficacité et leur capacité opérationnelles », ajoute-t-il.
Pour faciliter les opérations, la banque a mis en place l’offre « Agent Afrique-Chine », une gamme de services spécialisés conçus pour lever les obstacles courants auxquels sont confrontées les entreprises africaines (différences linguistiques, complexité des réglementations d’importation, risques inhérents aux paiements internationaux, etc.). De plus, la banque propose une plateforme offrant une mise en relation de ses clients avec des partenaires crédibles, un soutien logistique et linguistique pour faciliter les démarches, ainsi qu’une expertise financière. Avec la publication du Guide du débutant pour l’importation depuis la Chine, la banque leur fournit également des informations nécessaires pour saisir les opportunités d’approvisionnement, simplifier les procédures d’importation, renforcer leur compétitivité et dynamiser les échanges commerciaux.
M. Nyika souligne également que la récente signature d’un protocole d’exportation de myrtilles entre la Chine et le Zimbabwe témoigne clairement du dynamisme croissant des échanges commerciaux entre les deux pays.
Assister les PME et le secteur de la santé
Parallèlement, le gouvernement zimbabwéen s’efforce activement d’améliorer l’accès de ses PME au marché chinois. Monica Mutsvangwa, ministre de la Promotion de la femme, du Développement communautaire et des PME, a salué l’initiative de la banque, affirmant que le pays cherche constamment à optimiser ses échanges commerciaux avec la Chine.
Interrogée en novembre 2025 par les médias lors du Salon international des PME à Harare, capitale du pays, elle a confirmé que le marché chinois pouvait donner l’impulsion nécessaire aux PME pour devenir des entreprises compétitives à l’échelle mondiale grâce à l’accès au marché et aux partenariats industriels.
Elle a également déclaré à l’agence de presse Xinhua que les produits du patrimoine local (sculptures en pierre et en bois) pouvaient aussi être exportés vers la Chine : « Nous proposons d’excellents produits à base d’indigo biologique, très appréciés des consommateurs chinois. » selon elle, la 8e édition de l’Exposition internationale des importations de Chine à Shanghai en novembre 2025 a également été l’occasion de mettre en avant les entreprises zimbabwéennes.
La banque se soucie aussi du secteur médical, comme le prouve le voyage d’étude médicale en Chine qu’elle a organisé fin octobre 2025. Un des participants, Mlungusi Ndebele, éminent médecin zimbabwéen, a été impressionné par les progrès des hôpitaux chinois.
Selon lui, l’avenir du système de santé zimbabwéen réside dans l’adoption de l’approche intégrée et de haute technologie qu’il a pu observer en Chine. Lors de la visite de grands hôpitaux et centres de recherche, il a été impressionné par la capacité de la Chine à allier harmonieusement savoir médical ancestral et technologies de pointe.
Particulièrement frappé par l’efficacité de l’infrastructure de santé numérique, il raconte avoir vu des médecins à Shanghai accéder instantanément à des dossiers patients complets, incluant tous les résultats d’imagerie et d’analyses.
Le médecin a pu observer des interventions chirurgicales robotisées sophistiquées. Il reconnaît que si l’investissement dans une telle technologie est considérable, les bénéfices pour les patients (réduction des temps de convalescence et amélioration de la précision chirurgicale) sont inestimables. Il milite désormais pour une meilleure formation des chirurgiens zimbabwéens aux techniques mini-invasives : « L’adoption stratégique de l’intelligence artificielle, notamment pour le diagnostic de la rétinopathie diabétique et l’analyse des scanners, offrirait un moyen efficace de soutenir les médecins surchargés dans nos zones rurales. »
Il a également été inspiré par la reconnaissance et l’intégration institutionnelles de la médecine traditionnelle chinoise. « J’ai vu des services hospitaliers spécialisés où l’acupuncture et la phytothérapie étaient utilisées en complément des traitements conventionnels, non pas comme alternative, mais comme composante officiellement reconnue des soins holistiques », confie-t-il à CHINAFRIQUE. « Cela pourrait s’appliquer au Zimbabwe, avec l’intégration des pratiques de guérison traditionnelles au sein du système de santé national. »
Sarah Chirangwa, responsable des services bancaires au secteur public chez Stanbic Bank, qui accompagnait récemment la délégation de professionnels zimbabwéens en Chine, a indiqué que la banque continuerait d’envoyer différents groupes de professionnels explorer le marché chinois pour s’en inspirer.
« Cette mission commerciale a été une révélation pour nos délégués du secteur de la santé. Ils ont rencontré des entreprises médicales chinoises de premier plan et sont revenus avec des connaissances précieuses sur les systèmes de santé numériques et les modèles modernes de gestion hospitalière », conclut-elle.