法语词典:
中文 ANGLAIS
Accueil Opinions La Chine à la Loupe Culture Vidéos Photos
  2026-03-03
 

Une jeunesse qui en veut

VOL. 18 / MARS 2026 par LI YIN  ·   2026-03-03
Mots-clés: Zimbabwe

La collaboration sino-zimbabwéenne crée de nouvelles opportunités d’innovation et de développement pour la jeunesse. 

Un étudiant zimbabwéen apprend à identifier les odeurs des plantes médicinales traditionnelles chinoises, à Hefei (province de l’Anhui), le 16 octobre 2025. (XINHUA) 


Le développement du Zimbabwe se heurte depuis longtemps à des obstacles liés aux sanctions économiques occidentales, mesures considérées comme injustes ou illégales. Malgré ces contraintes, il demeure un pays riche en ressources naturelles et avec un haut niveau d’éducation, sa jeunesse se distinguant comme une force particulièrement dynamique. 

CHINAFRIQUE s’est entretenu avec Monica Mpambawashe, rédactrice en chef de Zimbabwe Now, sur l’influence croissante des jeunes Zimbabwéens dans la construction de l’avenir du pays. 

  

CHINAFRIQUE : Dans un contexte économique compliqué au Zimbabwe et dans le monde, comment analysez-vous l’engouement des jeunes Zimbabwéens pour l’entrepreneuriat et l’innovation ? Quel rôle la Chine peut-elle jouer ? 

Monica Mpambawashe : Les difficultés économiques du Zimbabwe (hyperinflation, instabilité des taux de change, etc.) alimentent l’essor d’une des économies informelles les plus dynamiques d’Afrique. 

Les jeunes Zimbabwéens créent leurs propres opportunités en créant des entreprises dépassant le simple cadre de la survie, notamment en fintech, agroalimentaire, design numérique et intelligence artificielle (IA). L’évolution vers un entrepreneuriat plus structuré et axé sur la croissance témoigne d’une profonde transformation des mentalités. 

Dans cette dynamique, la Chine joue un rôle déterminant dans le transfert de technologies et le développement des compétences. Des initiatives, telles que la coopération scientifique et technologique dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route » (ICR) et les ateliers Luban, permettent de combler les lacunes. 

La Chine peut faciliter l’accès aux capitaux et aux marchés mondiaux. Des plateformes d’e-commerce (eWTP d’Alibaba, etc.) ont déjà expérimenté des voies d’exportation pour les entreprises africaines, ce qui pourrait soutenir les jeunes Zimbabwéens. Les informations doivent être relayées correctement pour qu’ils puissent y avoir accès et les exploiter pleinement. 

Un expert chinois fait la démonstration de techniques de culture de champignons dans la province du Mashonaland occidental, au Zimbabwe, le 14 avril 2025. (XINHUA) 

  

Comment évaluez-vous les engagements entre la Chine et le Zimbabwe dans le cadre de l’ICR et de la coopération sino-africaine ? 

Depuis notre adhésion à l’ICR en 2018, la Chine est le principal investisseur étranger et financeur d’infrastructures du pays, représentant plus de 70 % des nouveaux contrats d’infrastructure conclus entre 2019 et 2023. L’Autorité de régulation de l’énergie du Zimbabwe a récemment révélé que les unités 7 et 8 de la centrale thermique de Hwange, financées par la Chine, contribuent à hauteur d’environ 50 % à la production locale d’électricité. 

Dans le secteur de l’éducation, plus de 500 Zimbabwéens étudient dans des universités chinoises grâce à des bourses. Ce développement s’ajoute à celui des infrastructures éducatives (construction de 17 écoles dans le pays). L’attribution de bourses au niveau local permet à des centaines d’enfants de poursuivre leur scolarité, du primaire au supérieur. 

Des plateformes d’échanges culturels (concours « Passerelle vers le chinois », l’Institut Confucius, etc.) favorisent l’apprentissage linguistique et culturel. De nombreuses écoles ont intégré le chinois à leurs programmes. 

Les équipes médicales chinoises en poste au Parirenyatwa Group of Hospitals, le plus grand hôpital public du pays, œuvrent sans relâche pour offrir des soins de qualité aux citoyens les plus défavorisés du pays. 

Si la Chine apporte son aide au Zimbabwe (dons de riz pendant les sécheresses, etc.), ses efforts sont plutôt axés sur l’autonomisation des populations : les forages réalisés en zones arides permettent aux habitants de varier leur alimentation grâce à la création de potagers. 

  

Comment les jeunes Zimbabwéens peuvent-ils jouer un rôle plus actif dans la collaboration transfrontalière et combiner les ressources locales aux opportunités mondiales ? 

Le Centre de coopération pour l’innovation Asie-Afrique vise à transformer les connaissances en projets transfrontaliers. Les jeunes Zimbabwéens peuvent y participer en créant des pôles d’innovation autour de leurs avantages comparatifs (agriculture intelligente, traitement des batteries lithium-ion, technologies créatives, etc.). 

Les droits fonciers peuvent être utilisés comme levier. De nombreux Zimbabwéens sont héritiers de terres, mais n’ont pas les capacités techniques et financières nécessaires pour les valoriser. Des partenariats avec la Chine pourraient combler cet écart grâce à un partage des parts. 

L’utilisation de passerelles numériques via Douyin/TikTok, Alibaba ou WeChat Pay pourrait ouvrir un accès direct aux consommateurs chinois (mode, artisanat, musique ou alimentation). 

Cependant, un soutien institutionnel solide et un environnement réglementaire favorable aux start-up sont indispensables, ce qui demeure un défi. Les informations doivent être diffusées au-delà du niveau intergouvernemental et parvenir directement aux populations locales, là où les besoins sont les plus criants. 

  

Quelles contributions apportent les jeunes Zimbabwéens ayant étudié en Chine à leur retour au pays ? 

À leur retour, les diplômés zimbabwéens des institutions chinoises apportent une combinaison unique de compétences technologiques, linguistiques et de connaissance du marché, ainsi que de réseaux intercontinentaux. 

Les laboratoires universitaires et les programmes de stages chinois (IA, robotique, énergies renouvelables, agriculture de précision, etc.) ont souvent plusieurs années d’avance sur leurs homologues zimbabwéens. 

La maîtrise de la langue et de la culture chinoises joue un rôle important. Le Programme d’échanges commerciaux Zimbabwe-Chine, piloté par des anciens étudiants des Universités du Zhejiang et Tsinghua, facilite les partenariats et l’incubation de start-up, renforçant les liens entre les deux pays. 

Imprimer

24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine


京ICP备08005356号-8 京公网安备110102005860