| 2026-03-04 |
De nouvelles perspectives d’avenir |
| VOL. 18 / MARS 2026 par ALAFATI MUGABO · 2026-03-04 |
| Mots-clés: Rwanda |
L’alliance Rwanda-Chine lance une union de l’innovation pour les jeunes, créant des opportunités pour les futurs entrepreneurs africains.

Cérémonie de lancement de la section rwandaise de l’Union Chine-Afrique pour l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes, à l’Université du Rwanda, à Kigali, le 30 septembre 2025. (COURTOISIE)
Kigali, un après-midi chaud de septembre dernier. Des étudiants, d’abord incertains de l’importance de l’événement, se retrouvent réunis dans une salle de conférence de l’Université du Rwanda, aux côtés de professeurs et d’experts chinois invités. À la fin de la cérémonie, beaucoup ont le sentiment d’assister à bien plus que l’inauguration d’un nouveau centre universitaire : ils voient les portes de leur futur s’ouvrir en grand.
Cet événement marque le lancement officiel de la section rwandaise de l’Union Chine-Afrique pour l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes, partenariat entre l’Université du Rwanda et l’Université de technologie du Hubei. Pour les jeunes présents, il ne s’agit pas d’un simple accord universitaire de plus. C’est le signe que leurs idées, leurs ambitions et leur avenir ont désormais une place à l’échelle mondiale.
Un partenariat prometteur
Bien plus qu’un accord bilatéral, ce partenariat est officialisé en présence d’une délégation chinoise de haut niveau conduite par He Xingyang, vice-
président de l’Université de technologie du Hubei, et de Muganga Didas Kayihura, vice-chancelier de l’Université du Rwanda. Pour les futurs bénéficiaires de cette initiative, il s’agit d’un engagement envers leur avenir et la reconnaissance de leur potentiel à façonner le prochain chapitre de l’innovation et de l’entrepreneuriat mondiaux.
Parmi les étudiants présents lors de la cérémonie de lancement, l’enthousiasme est palpable. Jean Paul Niyonzima, 23 ans, est étudiant en troisième année d’ingénierie à l’Université du Rwanda. « Nous avons tellement entendu parler des progrès technologiques chinois, des écosystèmes d’innovation de villes comme Shenzhen et Beijing, de l’esprit d’entreprise qui a transformé des secteurs entiers », indique-t-il. « Mais ces histoires paraissaient appartenir à un autre monde, qui est aujourd’hui à notre portée. »
Aspirant à développer des solutions d’énergies renouvelables pour les communautés rurales, ce dernier y voit un levier majeur de transformation. « Les opportunités d’apprendre auprès d’experts chinois, de visiter des pôles d’innovation chinois, de comprendre comment sont déployées les solutions de grande envergure sont inestimables pour quelqu’un comme moi, qui souhaite avoir un impact à grande échelle. »
Ce sentiment est partagé par Aline Uwase, 21 ans, étudiante en administration des affaires. Son parcours entrepreneurial a débuté dès sa première année d’études lorsqu’elle a lancé une start-up mettant en relation les agriculteurs et les marchés urbains.
« Nous sommes nombreux à avoir des idées brillantes, mais nous manquons d’accompagnement pour les transformer en entreprises viables »,
précise-t-elle. « Comment accéder aux financements ? Quelles démarches accomplir ? Comment nous développer au-delà des marchés locaux ? Les ateliers d’orientation professionnelle et les programmes de formation continue nous apporteront de quoi combler les lacunes. »
Saisir les opportunités
Le partenariat entre l’Université du Rwanda et l’Université de technologie du Hubei s’appuie sur des décennies de coopération sino-rwandaise.
Egide Munyankindi, 24 ans, étudiant en informatique souhaitant se spécialiser en intelligence artificielle, évoque l’approche unique de la Chine en matière de partenariat avec les nations africaines : « Ce que j’apprécie le plus dans l’engagement de la Chine au Rwanda, c’est que les partenaires chinois travaillent à nos côtés, partagent leurs connaissances et investissent dans notre capacité à développer nos propres solutions. »
Pour de nombreuses étudiantes de l’Université du Rwanda, ce partenariat revêt une importance particulière, car il promet d’ouvrir des perspectives dans des domaines où les femmes restent sous-
représentées, tant au Rwanda qu’à l’échelle mondiale.
Grace Iradukunda, 22 ans, unique étudiante en génie mécanique de sa promotion, voit dans cette union une occasion de lutter contre les stéréotypes et d’élargir les possibilités offertes aux jeunes femmes dans les filières STEM : « Les forums de l’emploi créent des conditions d’égalité où nous pouvons présenter directement nos compétences et notre potentiel aux employeurs et aux partenaires. »
Les étudiants de l’Université du Rwanda sont pleinement conscients que les défis auxquels ils sont confrontés (chômage, lacunes technologiques, changement climatique, nécessité d’un développement durable, etc.) sont partagés par une grande partie du continent africain. L’engagement du partenariat à intégrer davantage d’universités africaines et chinoises à l’union créera un effet de réseau qui multipliera son impact potentiel.
« La vision d’un véritable réseau panafricain connecté aux écosystèmes d’innovation chinois est très motivante », lance Mme Uwase. « Imaginez des étudiants de Nairobi, Lagos, Addis-Abeba et Kigali collaborant avec leurs pairs de Beijing, Shanghai et Wuhan. C’est ainsi que nous construirons l’Afrique que nous voulons : connectée, collaborative et compétitive à l’échelle mondiale. »
Au-delà des discours inspirants, les étudiants se concentrent sur les opportunités concrètes que ce partenariat leur offrira. Un groupe de 15 étudiants, interrogés par CHINAFRIQUE à Kigali, indique participer activement à tous les programmes de formation, conférences et échanges avec les experts invités. « Nous voulons découvrir l’approche chinoise en matière d’écosystèmes d’innovation, comment la Chine a créé des environnements propices à l’essor des start-up et comment elle a rapproché les institutions de recherche de l’industrie », expliquent-ils.
Sur les visages de milliers d’autres jeunes Africains qui bénéficieront de ce partenariat se lit le même espoir pour l’avenir grâce à une coopération sino-africaine dynamique, porteuse de sens et riche en opportunités.